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mercredi 7 décembre 2011

Atelier: autour des milles et une nuits: un projet pédagogique.

Le vendredi 14 octobre 2011, dans l'enceinte de l'IUFM de Blois, un atelier été proposé en vue de la présentation d'un projet pédagogique développé par la BNF articulé autour des Milles et une nuits.

L'atelier devait initialement être animé par Mme Anne Zali. Cependant cette dernière n'ayant pu être présente, Mme Annie Vernay-Nouri a pris sa relève nous présentant ainsi le projet mis en place par la BNF mais aussi d'un point de vue plus spécifique


Ces deux temps de l'atelier ont permis à un public principalement d'avertis (professeurs/ CPE) de prendre connaissance des possibilités ouvertes aux éducateurs afin d'éveiller les enfants à l'art et l'écriture orientale. les projets en rapport avec son secteur d'activité, à savoir le département des manuscrits.


1er temps de l'atelier: présentation du projet pédagogique autour des milles et une nuits.

Le but de cet atelier est de présenter les dispositifs pédagogiques existants à la BNF.

Depuis septembre dernier, un concours est réalisé à la BNF. (inscriptions de septembre à fin novembre). Le projet repose sur l'idée d'un travail éducatif des enfants sur le thème des 1001 nuits. En effet, à partir de l'intrigue (Shéhérazade qui raconte chaque nuit une nouvelle histoire afin de repousser son exécution) et du programme de numérisation des textes persans, turcs, …, chaque classe inscrite doit inventer une histoire mettant en scène un ou plusieurs textes des 1001 nuits (histoire en rapport avec l'orient, la nuit,...). Par exemple, les c

lasses peuvent partir d'une phrase récurrente telle que « Et l'aube chassant la nuit, Shéhérazad dut interrompre son récit.» .

Les enfants, dans le cadre du concours, doivent alors faire un livre illustré du récit conçu par leurs soins. Les livres ainsi constitués doivent être rendus impérativement au mois de mars.

Ce projet très précis est réservé aux primaires, cependant, il existe aussi un projet ouvert aux lycéens de première qui ont la possibilité de créer un scénario chorégraphié et théâtralisé.

Ces deux projets ponctuels s'inscrivent dans une optique d'ouverture à l'art littéraire oriental.


2nd temps de l'atelier: projet pédagogique et département des manuscrits.
Le département des manuscrits, lieu mystérieux, réservé en principe aux experts et connaisseurs, où il faut montrer patte blanche pour y pénétrer, a
depuis peu ouvert ses portes à un nouveau type de spectateurs : les scolaires.

Depuis plusieurs années, ce département travaille en collaboration avec la médiathèque de Saint Denis afin d'offrir à un plus grand nombre la vue des manuscrits protégés.

Le BNF propose plusieurs ateliers: atelier chorégraphique, atelier d'écriture arabe, atelier de miniature orientale. Le but ici n'est pas seulement d'intéresser les enfants avec un travail pédagogique, mais aussi de faire venir un public d'adulte, de faire venir les parents dans un premier temps pour qu'ils voient le travail de leur progéniture mais pourquoi pas ensuite de leur donner envie de s'intéresser.

Les projets du département des manuscrits s'orientent surtout vers des classes de CM2, cependant une classe de 5e en a fait l'expérience. Le projet s'articule autour d'une visite orientées:

  • qu'est ce que l'orient pour les enfants? Quelle en est leur définition?

  • Présentation de livres du monde musulman

  • Qu'est ce qu'un manuscrit? Du monde musulman?

  • Quelles sont les différences entre les livres musulmans et occidentaux? (sens de lecture et d'écriture, rapport à l'écrit important dans le monde musulman...)

  • Comment fabrique-t-on un manuscrit?

  • Qu'est-ce qui est écrit dessus? (langues)

  • démonstration des types d'ornements

  • présentation de divers types/formats de livre

  • Présentation du Coran : modèle de libre en Islam

    - qu'est ce qu'une reliure?

    - type d'écriture

  • - mise en relief de l'absence d'enluminure, mise en avant des ornements

Le travail s'oriente notamment sur une valorisation du savoir des enfants connaissant la langue arabe qui sont souvent stigmatisés. Dès lors, un travail sur l'influence importante des arabes dans la propagation du papier se fait.

Pour finir divers grands textes/ manuscrits sont présentés aux enfants comme par exemple le livre des 1001 nuits ou encore le kalila wa dimma (recueil de fables animalières), le Shah-nameh, des recueils de prières africains ….ant l'arabe qui sont souvent stigmatisés. Dès lors, un travail sur l'influence importante des arabes dans la propagation du papier se fait.

Cet atelier s'adressait, au vue de son contenu, à un public d'avertis. Cependant, il permet à un public de profane de se rendre compte de l'influence non-négligeable de l'orientalisme dans les sociétés occidentales puisqu'il s'inscrit aussi dans un cadre scolaire et pédagogique même des plus petits.

samedi 12 novembre 2011

Les Combattants de l'ombre .












C'est d'abord un livre de Bernard George qui raconte pour la première fois l'histoire de la résistance dans sa dimension européenne. C'est aussi une série documentaire qu'ARTE continuera à passer sur les écrans au mois Novembre.
Une exposition servant de mise-en-bouche était offerte par la chaîne Franco-Allemande. Cette exposition faisait surtout office d'avant-première , on y retrouve des témoignages les uns aussi fascinants que les autres de résistants et des images tous aussi impressionnants.
Cette exposition et ,surtout, cette série sont intéressantes en ceci qu'elles ne font pas que montrer qu'il y a eu de la résistances. Ces deux éléments vont encore plus au fond au point de s’intéresser aux actions en elles-mêmes.
Entre autres , on peut trouver le témoignage de ce jeune résistant belge Marcel FRANKSON qui mettait du carborundum dans l'huile de moteur des camions allemands en stationnement. Il ne s'agit pas là d'un acte aussi extravaguant que défier face à face les nazis mais c'est un acte qu'on pourrait considérer moindre , mais qui a sa valeur dans l'enrayement de la machine Nazi. Bien d'autres témoignages plus improbables et aussi intéressants figurent dans ce documentaire. Il en est d'ailleurs un qui résume ce qu'on pouvait entendre par Résistance : " Nous avons fait que nous avions pu faire à l'époque. Nous avons...collé des affiches, distribué des tractes contre fascisme. Dans ces tractes, on appelait les citoyens à résister selon leurs possibilités. Nous avions donné des conseils. Par exemple, de mettre des planches cloutées sur les routes où passent les camions allemands pour crever leurs roues. Sur éventuellement comment incendier un camion ou un autre véhicule de l'armée allemande." Juraj HRZENJAK.
Voilà ce qu'était la résistance des civils sans réelle force , commettant de petits actes qui tous réunis avaient autant de valeur voire plus que l'offensive des alliés. Car ce sont des actions plus individuelles que groupées et ce qui en fait la valeur est naturellement le courage dont ont fait preuve les protagonistes.

Jalil S.

jeudi 3 novembre 2011

Interview Jean-Louis Debré



Interview effectuée à la suite du débat "La Ve république : une crise permanente"

Maxime Choisy et Charles Brocherie

Exposition : Rêves d'Orient- Explorations, Expéditions, Missions du XVIe AU XIXe siècle

A l'occasion des rendez-vous de l'histoire, la bibliothèque l'Abbé Grégoire de Blois devient une galerie d'exposition.

Du rez-de-chaussé au troisième étage, les visiteurs peuvent découvrir des textes anciens, des illustrations et même des menus de paquebot, contant l'orient et ses légendes.

Chaque ouvrage s'inscrit dans une époque, dans une région. Ainsi, le visiteur est invité à découvrir des oeuvres écrites dans des langues orientales mais aussi des oeuvres traduites ou écrites originellement en français. Tous les genres se retrouvent ici, manuscrits, cartes, contes, textes historiques... Toutes les régions orientales sont représentées : Chine, Japon, Inde, péninsule Indochinoise, ….

Cette exposition offre un voyage littéraire original, un voyage hors du temps. La bibliothèque de l'Abbé Grégoire offre aux regards des visiteurs ses fonds anciens pour notre plus grand plaisir.


Morgane Guénard & Emmanuelle Dupuis


Petite visite en images


samedi 22 octobre 2011

FAIRE LA GUERRE EN ORIENT, DU MOYEN AGE A LA GRANDE GUERRE : ANTICIPATIONS, DECOUVERTES, EXPÉRIENCES

Pour étudier cette question, quatre intervenants prennent place au milieu du grand amphithéâtre de la Halle aux Grains. Chacun représente une période de l’histoire. Nicolas Offenstadt, qui organise la discussion, les présente :
Dominique Barthélémy est spécialiste d’histoire médiévale et est professeur à l’université de Paris IV
Hervé Drévillon est professeur au CRHM (Centre de Recherche en Histoire Moderne) de l’université Paris I. Il est spécialiste d’histoire culturelle du XVIIe siècle et d’histoire militaire.
Henry Laurens est professeur d’histoire contemporaine orientale. Il fait référence tout le long de la conférence à l’expédition d’Egypte menée par Napoléon. Il est professeur au Collège de France.
Enfin, Francine St Ramond est chercheure, spécialiste du front d’Orient dans l’histoire de France.




N. Offenstadt commence tout d’abord par nous interpeller sur le titre de la conférence. S’il tient à bien expliciter ce titre, c’est qu’il est ambigu : la conférence ne parle pas du savoir-faire guerrier en Orient, mais bien des français qui partent, depuis le Moyen-âge jusqu’à la première guerre mondiale, faire la guerre sur les terres orientales. La guerre est étudiée d’un point de vue sociologique. On s’intéresse donc aux soldats et à leurs ressentis lorsqu’ils découvrent des pays, des régions inconnus jusqu’alors et bien souvent fantasmées.
Le sous-titre met d’ailleurs l’accent sur ces représentations : il souligne les confrontations souvent violentes du monde d’images que se fait l’esprit de l’européen avec la réalité de l’Orient. L’Orient reste d’ailleurs un terme complexe : l’Orient à proprement parler n’existe pas, il constitue seulement l’assemblage de ces idées, un monde unique et rêvé par les occidentaux, qui est en fait extrêmement multiple et complexe.
Chaque expérience varie d’un individu à un autre. C’est pourquoi le sujet doit être étudié d’un point de vue sociologique. Il permet d’articuler le singulier et le collectif, de rassembler les différents ressentis de ces hommes et d’éliminer les clichés figés à l’universel.


Les premières interrogations permettent de poser le sujet et ses enjeux : quand les soldats partent combattre, quel Orient ont-ils en tête, comment anticipent-ils leur voyage ?

Les Croisades à l’époque médiévale, D. Barthélémy

Pour les Croisés des XIIe et XIIIe siècles, le voyage est vu comme un pèlerinage vers les lieux saints. La découverte du monde oriental n’est donc pas l’objectif premier. Sous la prédication d’Urbain II, ils vont sauver la Terre Sainte de l’oppression des chrétiens d’Orient. Leur idée, à l’heure du départ, est qu’ils vont mener une guerre juste. Tous sont prêts à y laisser leur vie. En échange, ils seront amnistiés de leurs péchés professés.
Les Croisés, à la différence des soldats des conquêtes napoléoniennes par exemple, sont des gens de la haute société. Ce sont des barons, des nobles. Partir en Croisade c’est donc également une quête de gloire et de prestige : on veut égaler les ancêtres. Les guerres de Croisade sont des guerres dures, d’une extrême violence ; on cherche aussi à impressionner l’ennemi, à diffuser une image de marque de l’homme occidental, celui qui vient de loin.
On en vient alors à la question de l’ennemi que l’on affronte. Les Croisades sont des guerres tardives, qui se prolongent jusqu’aux débuts de l’époque moderne. Les turcs y sont des adversaires omniprésents. Ils représentent la figure du Levant, un Orient proche dominé par l’Empire Ottoman. Les guerres de Croisade, c’est l’union de la chrétienté face à un ennemi commun, un ennemi cerné de mystère, intrigant, mais que l’on apprend progressivement à connaître puisqu’il reste le même pendant plusieurs siècles. L’image du turc est donc devenue progressivement la représentation de l’Orient dominante. Il représente la figure de l’altérité par excellence. Mais cette altérité n’est donc pas radicale, elle devient familière. L’altérité radicale va alors être recherchée plus loin (chez les peuples des steppes d’Asie par exemple). C’est contre ceux-là que la guerre devient impossible : les cultures sont trop différentes, les pratiques trop étrangères.


Les soldats de Napoléon et l’expédition d’Egypte, H. Laurens

Ces hommes, déjà conquérants de l’Italie, débarquent le 17 juillet 1789 en Egypte. Leur première impression est celle d’un pays hostile. Ils arrivent dans des habits trop chauds, ils manquent d’eau. Ils vont affronter en Egypte quatre ennemis différents, avec pour chacun un type d’affrontement différent.
- Les Mamelouks ont mené une guérilla contre les français.
- les Bédouins
- la population égyptienne. Cette guerre, a débouché sur la destruction de village, et des massacres
- l’armée Ottomane, qui a été encadrée par des militaires britannique, avait alors une plus grande expérience

Durant cette conquête, la vie et le moral des français sont mis à rude épreuve. L’ambiance au sein de l’armée est mauvaise et on enregistre un fort taux de suicide. Les soldats ne comprennent pas pourquoi ils se trouvent en Egypte, d’autant plus que la France est à ce moment envahie. Les sources qui ont permis de faire avancer les recherches des historiens proviennent avant tout de la correspondance militaire. Celle-ci est riche et a été très bien conservée. Les historiens ont également travaillé sur les journaux personnels que tenaient les soldats, sur leurs dessins. Ils montrent, de la part des soldats, une très grande curiosité du pays.


Les fronts d’Orient de la Grande Guerre, F. Saint-Ramond

Sur ce thème les sources sont également nombreuses. Mais elles sont rarement inédites et proviennent pour la plupart de témoignages d’officiers et de généraux.
A la fin de l’année 1914, la guerre se stabilise. La guerre de position se met en place. C’est Churchill qui, le premier, décide de créer une guerre périphérique : « pour arriver à Berlin il faut passer par Constantinople ».
Quelle représentation de l’Orient avaient les soldats ?
Ces soldats étaient en grande majorité des ruraux. Pour eux, la découverte de l’Orient commence dès le sud de la France ! Tous ces soldats sont imprégnés de stéréotypes concernant l’Orient. Mais pour les hommes de ligne c’est un monde qui reste assez flou : ils voient l’Orient comme un monde d’opulence, avec de belles cités et de belles femmes.
Pour les plus cultivés de ces voyageurs forcés, l’Orient c’est également la découverte des racines de leur civilisation. Ils attendent beaucoup de ce voyage mais ont souvent des idées toutes faites de la région qu’ils vont découvrir.





Cette conférence aura été très enrichissante. Elle a su mettre l’accent sur des concepts tels que celui de l’altérité, des fantasmes et des imaginaires liés à cette altérité, auxquels les historiens intervenants ont brillamment répondu, tout en amenant les auditeurs à s’interroger. Les guerres menées par les français en Orient sont caractérisées par une grande violence, physique bien sur, mais également intellectuelle, par la confrontation directe à l’inconnu et à l’autre, parfois peut-être même à la compréhension de celui-ci.
Le sujet entre donc en parfaite harmonie avec le thème de cette quatorzième édition de Rendez-vous de l’Histoire, en abordant au travers des guerres le rapport subtil qu’entretiennent les Occidentaux avec un Orient dédoublé : l’Orient du fantasme et l’Orient du réel.

A. Clément

lundi 17 octobre 2011

Débat: Révolutions Arabes et Laïcité.

La conférence Révolutions Arabes et Laïcité nous a été présentée à la Maison de la Magie. Parmi les intervenants, nous avons eu la chance de voir Khadija Chérif, qui nous vient de Tunis, sociologue et secrétaire internationale des droits de l'homme. Jean-Pierre Filiu est un historien et professeur de sciences politiques. Joëlle Dusseau est également historienne mais aussi inspectrice générale de l'Éducation nationale en Histoire et Géographie. Farouk Mardam-Bey, d'origine syrienne, est éditeur et directeur de la collection Sindbad chez Actes Sud. Ainsi que Hervé Mesnager, conseiller municipal de Blois délégué à l’intégration, au dialogue républicain et à la laïcité.

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Ce débat a fait l'objet de nombreuses questions se déclinant au tour du thème "Révolutions Arabes et Laïcité". Tour à tour, les intervenants nous ont partagé leurs points de vue de manière pertinente.
Le débat nous amène à réfléchir à la fois sur les évènements du passé, acteurs et témoins des phénomènes actuels, et sur les problèmes qui se posent aujourd'hui dans les pays Arabes, en prenant en compte des liens avec l'Occident.
Il est intéressant de se pencher sur le terme de "laïcité" car c'est un mot en quelque sorte incompréhensible puisqu'il est difficilement traduit dans d'autres langues et encore plus en Arabie. Toutefois, la laïcité serait définie comme une liberté totale de chaque individu pour chaque croyance tout en gardant une indépendance vis à vis de l'État.

Le débat a aussi souligné la question de la (non) séparation entre religion et politique de l'État. La conversation s'est alors tournée vers les polémiques présentes entre Islam et éthique. Le mot "état" est absent dans le Coran. L'État est donc une construction tardive qui doit s'occuper de la sphère sociale en plus de la religion. On s'aperçoit dès lors que le mouvement de séparation entre religion et État est un processus long et complexe, souvent contesté, mais toutefois présent dans le monde arabe. Il débute au cours du XIXème siècle avec les réformes ottomanes. L'exemple de la Tunisie est frappant par rapport aux autres pays arabes car elle est en avance. Elle reconnait par exemple les droits des femmes à la fois au niveau juridique mais aussi religieux. Le mouvement est très profond, notamment au niveau de la pensée. Le nom arabe de "laïcité" renvoie à Allah. Elle est donc considérée comme une chose séculière.

Les intervenants se sont également interrogés sur le rôle de la colonisation. A t-elle approfondi ou limité ce mouvement?. En Syrie, elle a joué un rôle de frein car les mandats français ont été très cléricaux dans les protectorats. Les Français donnaient plus de soutien à l'Église locale pour combattre les Anglais, qui eux, avaient l'appui des catégories sociales majoritaires. En Assyrie, l'État a la primauté mais il utilise la religion comme instrument. Cela permet de justifier les révolutions et les réformes. L'État garde cette référence religieuse pour garder en mémoire l'histoire.

La réflexion s'est aussi orientée sur le fait qu'établir une république démocratique avec des notions de sécularisation, de laïcité, se transformerait peut être en une menace pour les futures élections. Selon Khadija Chérif tout est jouable car au XIXème siècle apparaissait des constitutions laïques mais la colonisation a joué un rôle dans le retour de l'Islam. Lors des révolutions pour l'indépendance, aucun slogan religieux n'a été utilisé. Aujourd'hui, un courant islamiste réapparait sur la scène et fait partie du paysage politique. L'ambiguïté entre politique et religion est complètement apparente. Elle est présente au cœur même de certaines lois. La Tunisie représente un enjeu énorme car elle est la première à organiser des élections dans le monde arabe. De plus, le poids des laïcs est présent dans les revendications sociales.

C'est le pouvoir politique qui veut mettre la main sur le pouvoir religieux et la religion a toujours voulu mettre en place une séparation et une laïcisation. La notion de laïcité a, pendant longtemps et même chez les intellectuels, été considéré comme athéiste. Depuis les révolutions, le mot laïcité trouve sa place et les islamistes comprennent peu à peu qu'il n'y a pas de guerre contre l'Islam. Le but est d'assurer la neutralité de l'État dans la législation des codes de lois. Or chez les peuples très croyants, il est difficile d'établir cette distinction entre sphère publique et sphère privée. C'est donc un vrai travail idéologique qui est a mené entre la séparation des deux sphères.
Nous avons aussi vu que le rempart contre l'Islamisme, politique menée par l'Occident, a plutôt servi à le renforcer. Tous ces problèmes ont simplement servi à accroître la contestation islamique et le repli identitaire de ces sociétés. Khadija Chérif ajoute que toutes les injustices, les poids et les mesures, les guerres, sont dus à la violation des valeurs universelles par les démocrates eux-mêmes.

Bien d'autres questions passionnantes ont animé le débat comme celle de la présence de l'antisémitisme juif dans le monde musulman et de la responsabilité des puissances coloniales. Le questionnement touche aussi au rôle de toutes ces révolutions contre les régimes de dictature. Le noyau dur des pays arabes reste surtout le code du statut personnel.


Morgane Guénard.

samedi 15 octobre 2011

Chevaliers et samouraïs: féodalité occidentale et féodalité japonaise.



Vendredi 14 octobre, Dominique Barthélemy et Pierre-François Souyri ont donné une conférence pour débattre de l'éternelle question qui est: Chevalerie Japonnaise et occidentale est-ce pareil?

La société médievale japonaise s'étend du milieu du XIIème siècle jusqu'à la fin du XVIème siècle alors qu'en occident la société médiévale commence autour du IXème siècle.
Dès le XVIeme siècle, les jésuites insistent sur les ressemblances dans les structures sociales des deux civilisations. Marc Block explique que le Japon est peut être le seul pays en dehors de l'occident possédant une période féodale. Mais quelles traces a laissé la société féodale en Occident et au Japon? Trois thèmes ont été abordés le guerrier, les châteaux et les valeurs du guerrier.

Le guerrier japonais est un cavalier, il voue un culte à son cheval car il sait que sans cheval il n'est rien. Ce cavalier est un archer mais il posséde aussi un sabre. Il cultive la voix de l'arc et du cheval. Contrairement au roi, l'empereur n'est pas un guerrier. De plus le préstige du guerrier est plus important en Europe. Le chevalier européen est un cavalier comme le cavalier japonais cependant il ne possède pas d'arc en effet les archer sont une section indépendante de l'armée en europe. Le cavalier européen possède une lance couchée pour déstabiliser son adversaire.

La structure des châteaux japonais ressemble beaucoup aux châteaux européens car leurs fonctions sont similaires. On y touvait un espace officiel, céremonial, privatif et un sanctuaire qui correspond à la chapelle en occident. Dans les châteaux européens, le rôle de la justice et de l'économie ont une place très important.

L'empereur et les valeurs du guerrier.

Le mot empereur n'existe pas en japonais. L'empereur est un intermédiaire entre les hommes et Dieu, l'appellation la plus réaliste serait celle de Pape. L'empereur délègue toutes les fonctions administratives à ses aristocrates. Cette vie de cour à pour théorie, la théorie de la souillure c'est-à-dire que pour eux le monde est sale et qu'il faut le laver pour l'intégrer petit à petit. Pour eux le pire est le sang, la poussière etc. Les samouraïs représentent tout cette souillure en effet pours s'imposer et s'emparer des terres de leurs adversaires,ils se combattent et ces combat sont des combats à mort, le perdant étant déshonorer fait l'acte le plus atroce pour les aristocrates, ils se suicident en s'éventrant le ventre. Il y a une contradiction entre la socièté aristocrate "civilisée" et le samouraï. En europe, le chevalier est plus légitime, il n'a pas besoin de convertir la noblesse à ces idées. En europe le courtois est aussi un guerrier contrairement au Japon. Contrairement au Japon où les chevaliers sont sanguinaires le chevalier européen évolue vers deux types de guerre: les guerres saintes= croisades et les guerres entre chevaliers qui deviendront des tournois à la fin du XIème siècle. Au Japon il n'existe aucune trace de tournois.

Il semblerait que la société féodale japonaise et occidentale soit plus proche l'une de l'autre que l'on pouvait le penser.












nathanael colindre

Débat sur les lesbianismes dans le cadre des débats sur les sexualités minoritaires.

Autour de Christine Bard, Natasha Chetcuti, Valérie Pouzol et Eric Fassin s'articulait cette après midi un débat autour de la question du lesbianisme devant une assemblée principalement féminine. Dans un premier temps les relations entre féministes et lesbiennes à partir des années 70 nous furent commentées par Christine Biard historienne des femmes reconnue mais également présidente de l’Association des archives du féminisme s’appuyant sur son article Le lesbianisme comme construction politique tiré de l’ouvrage collectif Le siècle des féminismes. S’en suivie une approche sociologique du sujet par l’intervention de Natacha Chetcuti, sociologue et anthropologue et auteur de Se dire lesbienne paru en 2010. Elle nous éclaira principalement sur l’importance de la manière de se nommer et ainsi de se définir sexuellement. En effet alors qu’actuellement la nomination lesbienne est de plus en plus utilisée sur les forum de discussion et permet aux jeunes filles de se nommer lesbienne avant même de s’être vraiment positionnées, celle d’homosexuelle renvoi à une caractérisation médicale et enfin le terme gouine à pris depuis peu une signification politique. Ce fut alors à Valérie Pouzol spécialiste de l’histoire du genre et maître de conférence à l’université de Paris VIII de prendre la parole. Avec cette intervention portant sur le cas des féministes et des lesbiennes Israéliennes et Palestiniennes elle rend compte du nombre important de lesbiennes dans le cercle des militantes pour la paix mais aussi de la difficulté d’assumer son orientation sexuelle dans cette partie du monde. En effet Valérie Pouzol forte
de son expérience sur le terrain met en lumière la difficulté qu’elle eu pour obtenir des entretiens avec ces femmes et la volonté du gouvernement israélien à faire du thème de l’homosexualité une arme politique sans pour autant démocratiser celui-ci.
Enfin les intervenants conclurent ce débat en insistant sur le manque de sources concernant le sujet du jour mais qu’il ne fallait cependant pas arrêter les recherches sur ce sujet complexe mais passionnant.

A suivre dans le cadre des débats sur les sexualités minoritaires ; « Tourismes sexuels et désirs d’Orient », samedi 15 octobre.

M.V.


Interview de Natacha Chetcuti avec une intervention d'Eric Fassin et d'une amie des intervenants.




M.V & M.O

La Ve République: une crise permanente ?

C'est dans une salle comble que le débat intitulé « la Ve république : une crise permanente ? » commence.
5 intervenants : Gérard Courtois journaliste au Monde, Jean-Louis Debré président du Conseil Constitutionnel, Noëlle Lenoir ancienne membre du Conseil Constitutionnel et ancienne ministre des Affaires européennes, Pascal Perrineau directeur du CEVIPOV, et Jean-François Sirinelli, qui était le matin même à Sofia, historien et directeur du centre d'histoire de Sciences Po.

C'est Gérard Courtois, qui faisait office d'arbitre, qui introduisit le débat en expliquant pourquoi le choix de ce titre. Ce choix car une institution inchangée depuis un demi siècle, une longévité caractéristique de la situation du pays et de la qualité de l'institution. S'en suivit une expliquation plus ample du sujet en évoquant une « multitude de crises », une concentration très forte des pouvoirs, et une Ve république basée sur une présidentialisation du régime.

La parole fut ensuite donné à Mr. Debré, qui, avec passion, expliqua que la Ve république, oeuvre de son père Michel Debré, a eu la capacité de surmonter les crises grâce au suffrage universel. De plus, le suffrage universel, a-t-il expliqué, a permis de rendre crédible l'alternance politique.

Pascal Perrineau par la suite évoqua les différents types de crises en expliquant que ces dernières pouvaient avoir un effet positif. Mais que cette république a entrainé un isolement par rapport à la société, en effet il y' a un pouvoir qui donne l'impression qu'il n'est plus en phase avec une partie de la société.
Noëlle Lenoir, quant à elle, dit que la presse ne rendait pas compte de la fonction des constitutions et institutions. Elle nous fit aussi la confidence que lorsqu'elle était au gouvernement (entre 2002-2004), trois mots étaient imprononçables : « rigueur, austérité, et réforme ».
Jean-François Sirinelli, lui, commença par dire qu'il n'était pas d'accord avec ses prédécesseurs, du moins qu'il voulait nuancer leurs propos. Et démontra que la Ve république est née d'une crise, qu'elle a été confrontée a de grosses questions comme la montée en puissance de la démocratie d'opinion. Il se demanda par ailleurs que ce « régime dont le terreau a été les 30 Glorieuses » et que donc, « est-ce que ce régime peut survivre à la disparition du terreau dont il était porteur ? »

En est venu ensuite des questions sur le charisme des présidents depuis le général De Gaulle, le problème de la monarchie républicaine, le président comme homme ordinaire mais exceptionnel.
Ce débat s'est terminé sur une critique du monde politique actuelle, Jean-Louis Debré signala que maintenant les partis politique cherchaient d'avantage à se battre pour porter un seul homme, plutôt que se battre pour une idéologie.

vendredi 14 octobre 2011

La Marche de l'Histoire et Voyageurs et Orientaux au Grand Siècle

le 14/10/2011 / 13:00-13:30 et 19:30-20:30


Après la remise du Prix de l'Initiative Laïque, et une présentation (encore une fois non dénuée d'humour) de Mr Jeanneney, Mr Subrahmanyam nous a gratifié d'un exposé consacré aux interactions entre les itinérants européens et les populations des empires ottoman, safavide et surtout moghol. Il nous a expliqué ses idées d'histoire globale, en décryptant des documents de voyageurs occidentaux du XVIIème siècle narrant leurs observations avec un regard critique. Essayer de voir quelles sont les vérités présentes dans ces textes, chercher à voir quelles sont les connexions qui articulent l'Histoire, ce sont là des composantes de la réflexion de Sanjay Subrahmanyam, ou pour citer Jean Lebrun au cour de l'émission de Radio Culture La Marche de l'Histoire, pour lui permettre d'être un « électricien de l'Histoire », cherchant les raccords pour mieux comprendre l'ensemble.

Pendant cette émission, nous avons pu nous rendre compte des multiples centres d'intérêts de Mr Subrahmanyam, le voyant chanter Mozambique de Bob Dylan quasiment par coeur, ou alors nous conter le combat improbable opposant Muhammad Ali et un lutteur japonais, Antonio Inoki. D'autres manières de montrer que les relations « Orient-Occident » peuvent être une forme de lien fraternel à distance, ou alors une proximité dénuée de sens par la méconnaissance de l'autre.

Encore une manière de montrer l'utilité d'une histoire globale.

C.Brocherie

Salle Mansart du château de Blois. Les pavillons Orientaux de la cité internationale universitaire de Paris. Madame F. BAZZONI et Madame B. BLANC



C'est dans une ambiance intimiste que commence la conférence, sept auditeurs pour deux intervenantes, le compte est bon!

Devant nous défilent pêle-mêle plans des images des pavillons, des élévations et des diagrammes. Après un historique de l'institution, Madame M. BLANC rentre de plein pieds dans le sujet en présentant l'esthétique orientaliste en architecture, appliquée aux pavillons du Maroc, du Japon, de l'Indochine et du Cambodge. Cependant, face à la diversité des styles, qui sont parfois même teintés de style international, pour ma part il me semble que parler d'orientalisme est bien trop vaste pour recouvrir l'identité propre de chaque édifice. Nous pouvons tout de même noter que malgré quelques aspects de l'Orient fantasmé, cette architecture orientaliste est avant tout un moyen d'affirmer une identité nationale propre à chaque Nation.


M.O.

Portrait de rue.



Quand l'Orient s'inscrit au cœur de la ville.

M.G

Autour d'une exposition: Carnets d'Orient.


La bibliothèque l'Abbé Grégoire nous propose une exposition de Jacques Ferrandez et son œuvre, Carnets d'Orient.

A travers des décors aux atmosphères imprégnées d'histoire, l'exposition nous offre l'occasion de voyager dans le passé à travers les personnages de Carnets d'Orient.
Il s'agira de découvrir le travail magnifique de l'auteur avec des planches authentiques décorées manuellement à l'aquarelle. L'auteur retrace les évènements de la guerre et des conflits dans lesquels est plongée l'Algérie au XIXème siècle tout en se montrant le plus neutre possible dans la reconstitution des faits.
Quelques documents historiques, sources de l’œuvre, sont également présentés. Un des nombreux tableaux évoque le passage d'une lettre de Camus mais aussi le brouillon de la lettre du Général de Gaulle adressée aux Algériens.
Cette exposition à la dimension historique est pleine de trésor à nous faire découvrir.

Morgane Guénard & Emmanuelle Dupuis

« Les Perles d’un bel Orient, épigraphie des Rendez-vous de l’histoire.». (J.N. Jenneney)

Ce matin a eu lieu l’ouverture officielle des rendez-vous de l’Histoire à l’hémicycle de la Halle aux grains, tour à tour présentée par les représentants des institutions publiques, soit Jean Noel Jeanneney, président du conseil scientifique du Conseil scientifique des Rendez-vous de l’histoire, Marc Gricourt, maire de Blois, Francis Chevrier créateur et directeur des Rendez-vous de l’histoire et Marie Reynier, recteur de l’académie Orléans Tours.

Ce choix du thème de l’Orient, préparé bien avant les événements du printemps dernier dans le monde arabe et asiatique présente la volonté d’ouvrir de multiples débats et de « réussir une synthèse de la diversité » pour reprendre les mots de Marc Gricourt. Tout au long de ces quatre jours se dérouleront conférences, débats, ateliers, projections cinématographiques et rencontres avec les divers intervenants dans l’objectif de proposer à tous une ouverture sur le monde.

La culture, les influences et l’histoire du monde oriental sont autant une invitation au voyage qu’un moyen de comprendre les enjeux actuels d’un monde en constante mutation.

J.P. & M.V.

Une ouverture réussie


Bienvenue à Tous!
Les rendez-vous de Blois sont officiellement ouverts.
Nous vous invitons à suivre nos projets personnels qui seront publiés quotidiennement.
On espère qu'il y aura autant foule sur notre blog que de visiteurs aux rendez-vous de l'Histoire.

Morgane Guénard & Emmanuelle Dupuis.