Bienvenue sur le blog des étudiants de l'UE libre consacré aux rendez-vous de l'Histoire. L'équipe est constituée d'étudiants de différentes filières de l'université de Tours (AES, Histoire, Histoire de l'Art, Musicologie, Physique et Droit). Ce blog est animé d'articles, de reportages, de contributions insolites, de photographies et de vidéos.
mercredi 7 décembre 2011
Interview de Frédéric Mitterrand
Par Maxime Choisy et Charles Brocherie
dimanche 4 décembre 2011
Il était une fois une conteuse... Muriel Broch...
Il était une fois, dans une charmante bourgade prénommée Blois, l'histoire de la conteuse à la parole envoutante.
Dans cette ville, il y a avait un lieu magique, un lieu emblématique, un lieu ouvert à tous. C'était une maison où les livres avaient trouvé demeure : la bibliothèque de l'Abbé Grégoire. Cette maison du savoir où petits et grands venaient en temps normal afin de s'évader, apprendre, découvrir, s'émerveiller.... avait revêtu un tout autre aspect en ce samedi ensoleillé du 15 octobre 2011.
En effet, dans une salle dédiée à la jeunesse, endroit où l'imagination est reine, des chaises et des tapis avaient été disposés face à un mur, un long tapis gris au sol et une table avec divers objets disposés dessus. Les enfants avaient posé leur livre pour s'installer sur un tapis coloré et les adultes s'étaient assis confortablement sur leur siège. Mais qu'attendaient-ils tous positionnés ainsi?
…..
Après quelques instants, une femme souriante est apparue, attirant l'attention d'un public impatient de voir ce qu'elle allait faire. Un flot de paroles enfantines, de commentaires d'adultes fusaient, tous tentaient de faire preuve de discrétion mais un bruit de fond persistait. Cependant, en un seul mot, la femme mit un terme à tout ces bavardages. Elle avait réussi à captiver totalement son auditoire. S'assurant d'avoir bien l'attention de tous, elle se mit à conter des histoires, toutes plus magiques les unes que les autres. Elle parlait tour à tour d'un sultan qui s'ennuyait, d'hachichi et du lion, de la femme du roi des voleurs, de Ganesh et Parvatti avec leur enfant Shiva et tant d'autres encore.
La passion et la vie qu'elle insufflait dans ces contes emmenaient le public dans des pays haut en couleurs. L'orient devenait alors un monde palpable.... Les voyageurs ont ainsi pu visiter l'Iran, l'Inde.....
Lorsqu'elle finit sa narration, elle s'assura de rendre les oreilles à tous ceux à qui elles les avait emprunté pendant une heure d'aventure. Une fois cela fait, les spectateurs jeunes et moins jeunes se mirent à applaudir à tout rompre, remerciant de cette façon cette saltimbanque des temps modernes qui les avait emmené bien plus loin qu'aucun billet d'avion n'aurait pu le faire.
Et si vous visiteurs du blog vous partiez en voyage au rythme d'un conte?
mercredi 30 novembre 2011
Nostradamus Prophète de malheur ou médecin des âmes

Conférence donnée par Denis CROUZET, professeur à l’université de Paris IV Sorbonne, auteur de Nostradamus (Editions Payot, 2011)
Si le thème des Rendez-Vous de l’Histoire cette année est l’Orient, toutes les conférences n’abordent pas ce sujet. Vous ne trouverez rien de mieux que de faire un tour du côté de l’observatoire de la biographie historique pour se distraire entre deux conférences. La salle de conférence du château de Blois n’était pas pleine, la foule n’était pas pressée pour venir écouter la vie de cet étrange personnage dont on ne sait presque rien.
Né le 14 décembre 1503 à Saint-Rémy-de-Provence dans une famille juive convertie au catholicisme, Michel de Nostredame, dit Nostradamus fait des études de médecine à Montpellier et devient docteur en 1532. On sait que de 1546 à 1547, il se trouvait à Aix et à Lyon pour soigner des malades de la peste. Il se fait connaître en éditant des prophéties sous la forme de quatrains. Sa renommée arriva ainsi à la cour de France où il est reçu par Catherine de Médicis, qui lui fait rencontrer le roi Charles IX. Il reste à la cour sa vie durant, jusqu’à sa mort qui survient en 1566. Tous les ans, Nostradamus fait des pronostics pour l’année à venir, mais il serait vain de vouloir trouver du sens à ses prophéties, comme l’ont fait de nombreux charlatans par la suite. Nostradamus y montre une vision du mal qui est dans l’homme ; on y trouve « des monstres et des merveilles, des tempêtes et des sécheresses ». Il y parle une langue énigmatique qui vise à effrayer ses lecteurs pour leur montrer la nécessité de conversion à Dieu. Effrayés par un avenir terrible, ceux-ci comprenaient que face au péril de la haine bien mieux valait vivre dans l’amour du Christ. En plus d’être médecin du corps, il se veut « médecin des âmes » selon la formule de Denis CROUZET. Dans une période difficile, de déchirement religieux entre catholiques et protestants, Nostradamus, évangéliste, choisit de se situer ni dans un camp ni dans l’autre, mais au milieu, à la manière d’Erasme. Souvent comparé à Rabelais, les deux humanistes ne sont pas si éloignés l’un de l’autre. Tous les deux ont fait leurs études de médecine à Montpellier, sont évangélistes et nourris d’Erasme. Et si pour Rabelais, c’est le rire qui est le remède contre les maux de ce temps, Nostradamus prêche le retour à Dieu présent dans chacun de nous par une foi purifiée.
J’ai demandé si Nostradamus était bien compris ainsi par les gens de son époque, mais la réponse est difficile à donner, on n’a pas de témoignage et on en sait pas grand-chose. Denis CROUZET est l’auteur d’un livre sur Nostradamus.
Thomas DRUCY
mardi 29 novembre 2011
Le Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux , six ans de travaux.
Ils nous ont résumé les différentes étapes de la création du musée né du rachat de la collection privée de Jean Pierre Verney en 2005 par l’agglomération du Pays de Meaux :
Sa collection était exceptionnelle car diversifiée et très vaste. Il avait amassé depuis les années 1960 plus de 20000 objets et 30000 documents couvrant des aspects divers de la première guerre mondiale. Il possédait par exemple des casques de soldats détournés en instruments de musiques (image qui suit) , ou encore des matraques de tranchées dans les tranchées de façon artisanale.

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C’est en 2006 que le conseil scientifique a décidé de l’orientation du musée : il doit retracer la première guerre mondiale de 1914 à 1918 en montrant les évolutions de techniques et de mentalités entre les deux périodes et la construction de la mémoire après 1918 . En 2007 il obtiennent l’appellation musée de France, label indispensable au musée car cela lui confère un gage de sérieux. Suivent ensuite : l’inventaire informatisé de la collection ( 13000 objets numérotés, étiquetés et classés) , le chantier des collections lancé en 2008 (dépoussiérage, conditionnement et si besoin restauration des objets exposés ). Enfin un long travail de présentation , installation des collections avant l'ouverture.
Enfin ils sont revenus sur leurs efforts particuliers pour plonger le visiteur dans une ambiance particulière qui doit l’amener à « vivre » la visite.Par exemple il y a la présence d’une vitrine où le visiteur traverse une rangée de soldats qui sont à sa hauteur il se retrouve donc comme « au cœur » de l’action et l’ajout de bruitages de guerre accentue cette immersion.
Les mannequins utilisés portent des costumes d’époque complets, ils sont très réalistes, en mouvement . Ils ont aussi décidé de sacrifier quelques objets pour la manipulation ,on pourra par exemple soulever un fusil , un barda se rendre compte du poids que le soldat devait porter. Enfin la présence d’un auditorium doit leur permettre d’introduire la culture dans la musée avec par exemple des spectacles de danse contemporaine dans l’optique de mélanger les publics et animer la vie du musée.
Pour conclure le directeur du musée nous déclare que la muséographie évolue et que ce musée à la pointe sera probablement démodé dans quinze ans ans s’ils ne font rien évoluer.
Au vu de la précision et de la technicité des questions posées par le public il paraît évident que la plupart des personne qui ont assisté à ce débat connaissaient très bien le milieu muséographique. Ainsi c’est à ce moment que le débat à réellement eu lieu. Le directeur du musée et la directrice des collections ont été interrogés sur les limites de leur travail , la frontière à ne pas franchir dans cet effort d’expérience à vivre pour que ce ne soit pas « disneyland » . Ils ont rappelés avoir travaillé avec une vrai rigueur scientifique et historique en s’étend de plus entourés de spécialistes.
Le site internet du musée : http://www.museedelagrandeguerre.eu/
Pour plus de détail sur les étapes du développement du musée voir leur dossier de presse très complet et bien illustré:
http://www.museedelagrandeguerre.eu/sites/default/files/pdf/DP_4-10_-_40_PAGES_BD.pdf
Le musée a été inauguré le 11 novembre date symbolique de l’armistice de la guerre 14-18 . Le musée tablait sur 80 000 à 100 000 visiteurs par an , ils en ont accueilli 11000 à l’occasion de ce week end d’ouverture .
crédit photographique © musée de la grande guerre - pays de meaux / d. pazery (images présentée en power point aux rendez vous de l’histoire , issues ici du dossier presse )
Cicchelero Léa
dimanche 20 novembre 2011
Interview L.Thuram 1ère partie
vendredi 18 novembre 2011
mercredi 2 novembre 2011
Noirs de France

Série de 3 documentaires co-ecrite par Pascal Blanchard et Juan Gelas et réalisée par Juan Gelas.
Titre complet: Noirs de France. De 1889 à nos jours : une Histoire de France, Épisode 1 : Le temps des pionniers.
L’épisode 1 etant présenté en avant-première, la critique portera donc uniquement sur cet épisode.
Épisode 1 : Le temps des pionniers (1889-1939).
C’est un récit qui va traverser deux conflits mondiaux, le temps des luttes anti-coloniales, des exhibitions humaines, et celui des premières présences migrantes venues des Antilles, d’Afrique, mais aussi de l’océan Indien, de Nouvelle-Calédonie et de l’influence d’Afro-Américains depuis l’entre-deux-guerres. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les premiers « Noirs » sont les pionniers d’une histoire qui va se poursuivre dans le XXe siècle.
Lors de la Grande Guerre (1914-1918), des milliers de soldats noirs venus des Antilles, du Pacifique, mais aussi d’Amérique, de la Réunion ou de Madagascar sont morts pour défendre la France. Entre 1920 et 1940, plusieurs milliers de Noirs, Antillais, Africains, Afro-Américains vivent déjà en France, notamment à Paris. L’engagement politique est fort, il conduira à la Négritude. La vie artistique est féconde et bouleverse les codes notamment musicaux. La France devient, y compris pour les Afro-Américains, une seconde patrie pour les Noirs du monde. En 50 ans, la France des « indigènes » va se transformer de manière radicale et, au moment du second conflit mondial, la question de la citoyenneté noire est en marche et c’est en métropole que ce combat a été mené par les élites noires. Les images d’archives, inédites pour la plupart, en montrent les traces.
Plus de 400 heures d’archives visionnées, 850 références identifiées et classées, pour donner à voir une histoire en images jusqu'alors peu connue ou même inconnue. Ces films documentaires se croisent également avec les interviews d’une quarantaine de témoins-références qu’ils soient artistes, sportifs hommes et femmes politiques,et tous ont un point commun, ils sont partie prenante de cette histoire.
Outre les archives proposées, la richesse de ce film repose sur la diversité de ses intervenants. Des spécialistes reconnus apportent leur regard sur ces 150 ans d’histoire, mais aussi des symboles de l’évolution de la question noire en France comme des sportifs ou hommes politiques.
Qu'ils soient des plus connus ou inconnus, chaque noir de France raconte a sa manière l’évolution de la question des noirs de France avec un avis parfois très tranche mais aussi parfois plus pragmatique.
Ce docu-film est un immense travail d’archives, outre les interviews , la volonté des auteurs de cette série est de dresser un panorama complet de cette « histoire en images » pour comprendre, pour enfin lever ces non dits que beaucoup de « blancs de France » ont voulu étouffer.
Un devoir de mémoire titanesque donc, mais ô combien utile à notre époque.
Guillaume S.
Remise du prix Augustin Thierry à Fabrice d'ALMEIDA
Nathanaël COLINDRE
lundi 31 octobre 2011
L'univers de la littérature jeunesse.
Le Salon du livre présentait un espace jeunesse pour tous les amoureux de la littérature. C'est un monde qui transporte à la fois petits et grands au cœur d'aventures fabuleuses.
Les auteurs de la littérature jeunesse nous ont plongé au sein de leur univers. Nous avons eu l'occasion de partager quelques minutes avec Stéphane Tamaillon qui a remporté le prix du roman historique de Blois avec son roman, Dans les griffes du Klan, qui concourait dans la catégorie 5e/4e.

La littérature jeunesse s'adresse aux lecteurs de tous âges car elle aborde des thèmes qui peuvent intéresser les plus grands. Ainsi, comme nous le présente Stéphane Tamaillon, son livre Dans les griffes du Klan, se préoccupe de la place de la ségrégation raciale dans les années cinquante.
Nous pouvons a
ussi retrouver les personnages de L’Ogre de la Couronne, du même auteur, qui s'aventurent dans le Paris de 1900. C'est en compagnie de Pierrot et "ses aminches" que le lecteur visite le vieux Paris à travers des décors soigneusement représentés. L'intrigue, riche en suspens, est animée par les fausses pistes et les rebondissements. Un terrible assassin s'attaque aux ravissantes jeunes femmes des quartiers populaires. Lecteurs, prenez garde à l'Ogre qui rôde dans les ruelles! Le livre pour la jeunesse nous transporte donc, au même titre que tous les autres ouvrages historiques, dans un monde appartenant à notre passé. Ce support permet d'utiliser les artifices de l'écriture pour nous faire partager un univers, un message.
Article: Morgane Guénard
Interview: Emmanuelle Dupuis et Morgane Guénard.
L’histoire comme objet de roman.
dimanche 30 octobre 2011
La virilité, une question d'époques ?

La virilité est un idéal de perfection, apparu à l'Antiquité. Comme tout idéal, il est inaccessible, d'autant plus qu'il évolue avec les canons de l'époque. Les virilités antique et médiévale, qualifiées de « force abrupte et domination indiscutée » par Georges Vigarello, montrent une affirmation des hommes entres eux, y compris grâce à l'Éros masculin. A l'époque moderne apparaît le gentilhomme, brave, élégant, et coureur de jupons, tandis que l''époque contemporaine est celle d'un homme courageux et autoritaire à l'opposition du lâche, de l'impuissant et de l'efféminé. On remarque que de grandes caractéristiques perdurent, même si elles ne s'affirment pas de la même façon. La force physique et morale, la puissance sexuelle et la domination masculine sont toujours valorisées.
Avec l'affirmation du droit des femmes et l'instauration de lois à l'encontre de la violence domestique, le modèle de l'homme viril, vu comme « macho » est aujourd'hui moqué. Ce phénomène de « dé-virilisation » inquiète certains philosophes et psychanalystes qui déplorent le déclin de l'autorité masculine face à la toute-puissance d'une gente féminine vue comme castratrice.
De mon point de vue, ces inquiétudes sont assez archaïques. En effet, si les femmes demandent, à juste titre, l'égalité et le respect, elles ne demandent pas la mort de l'homme viril. La masculinité doit peu à peu se réinviter et s'adapter aux nouvelles moeurs, comme elle l'a déjà fait, à plusieurs reprises, par le passé.
Alain Corbin, Jean-Jacques Courtine, et Georges Vigarello, Histoire de la virilité, 3 tomes, Éditions du Seuil, 2011.
vendredi 28 octobre 2011
Prix du roman historique coup de coeur des lecteurs de CIC ouest 2011: Terreur Grande.

Terreur Grande parle d'un période connue sous le nom de purges stalinienne. Ce livre n'est pas une histoire personnel car l'auteur n'était pas né à cette période et son père avait fuit la Russie à cette époque et n'avait plus de contact avec sa famille restée au pays. Ce livre fait suite au livre Russe blanc du même auteur, ce livre le suit mais de 15ans.
L'auteur nous dit qu'il soulignait tous les passages qui parlaient de cette période dans les livres qu'il achetait. " Lorsque je lisais ces livres je n'imaginais pas écrire ce livre." Jean-Pierre Milovanoff.
Comment faites vous le lien entre le savoir de ce corpus d'information historique et votre famille?
" Mon père ne parlait jamais de ce qu'il avait vécut. Se que je sais de notre famille, lui ne le savait pas. La rencontre avec le personnage Vasiliev a existé mais le destin de cette famille est fictif. Avec l'aide de russe provenant d'Amérique que j'ai transfomé en cousin dans le livre j'ai put faire des rattachement entre l'Histoire et l'histoire de ma famille."
Est-ce -que dans la communauté russe vous avez-eu des réactions?
"Certain russe installés en France m'ont parlé mais aucun ne connaissaient sa car aucune information de ce qui se passit en Russie ne pouvait sortir de Russie".
Nathanaël Colindre
mercredi 19 octobre 2011
Rencontre avec Jul & Philippe Ôtié.

Philippe Ôtié est le scénariste de la bande dessinée, Une vie Chinoise. C'est une œuvre qui a son importance car très peu de bandes dessinées illustrent la vie quotidienne des populations du monde asiatique. Philippe Ôtié nous présente brièvement la magnifique, et tragique, histoire d'un jeune chinois sous le règne de Mao Zedong jusqu'aux années 1980.
La deuxième rencontre, vivement animée par le son des binious, fait intervenir Jul. Il nous partage son point de vue sur les différentes questions soulevées lors de la conférence sur la bande dessinée asiatique. En quelques mots, il nous présente également sa nouvelle bande dessinée, La planète des sages.
Emmanuelle Dupuis et Morgane Guénard.
mardi 18 octobre 2011
Le salon du livre
La responsable des salons au sein de l'édition PUF a accepté de répondre à nos questions afin de nous donner son avis sur ce salon.
M.O, J.P & M.V
lundi 17 octobre 2011
L'Orient au bout du crayon.
Voyage dans la Rome antique.

Dimanche matin a eu lieu la présentation du "Prix Château de Cheverny de la bande dessinée historique 2011". Elle est dédiée au tome 8 de la série Murena, La revanche des cendres, réalisée par Jean Dufaux et Philippe Delaby.
Philippe Delaby, dessinateur de la série, nous a accordé chaleureusement quelques minutes d'attention. Lors de cette courte rencontre, Delaby partage avec plaisir son parcours, sa passion du dessin, et l'enthousiasme de sa participation au festival.
Jean D
ufaux est un scénariste belge d'abord passionné de cinéma puis plus particulièrement de bande dessinée. Après sa première collaboration au Journal Tintin, il effectue de nombreux travaux de commande. Il est capable de mettre en scène des univers variés garantissant au lecteur une écriture originale.Comme vous l'expliquera Delaby au cours de la vidéo, avec vivacité et plus de précision, l'histoire de Murena se déroule au cœur de la Rome antique sous le règne de l'empereur Claude et de son fils adoptif, Néron.
Article: Morgane Guénard.
Interview: Emmanuelle Dupuis & Morgane Guénard.
dimanche 16 octobre 2011
Les peintures orientalistes au XIX e Siècle
Le but de cette atelier est de donner au enseignants d’histoire, d’histoire de l’art, de français des pistes documentaires sur Internet afin d’accéder à des bases de donnés très riches en informations sur l’histoire de l’art, la presse, cartes…etc.
Daniel Letouzey a crée un site « clioweb », (http://clioweb.free.fr/) avec plusieurs liens dont un en histoire de l’art qui permet d’accéder a la rubrique « l’orient, source d’inspiration »
Nous avons pu utiliser les ordinateurs mis à notre disposition pour naviguer sur les sites ou sont présentés les peintres orientalistes du XIXème. Delacroix, Ingres, Gérôme, …etc avec des analyses de l’image et du contexte historique. Ainsi tout le bassin méditerranéen, la Turquie, l’Egypte, le Maroc sont perçus par ces différents peintres.
Les peintres le représentent à travers le philtre de leur culture gréco-latine et projettent leur imaginaire comme le montre Ingres dans le tableau « le bassin turc » et Delacroix dans « La mort de Sardanapale » ou Gérôme dans « Femmes fellahs puisant de l’eau ».
Notre conférencier nous a fait remarquer qu’a partir de 1870 la peinture orientale est moins à la mode alors que le Moyen Orient est occupé militairement.
Interview de Daniel Letouzey
Dans quelle revue Historiens & Géographes écrivez vous?
Dans la revue de l'APHG, l'association des professeurs d'Histoire et Géographie. Dans cette revue, le temps de deux septennats, j'ai rédigé une Chronique-internet, qui s'efforce d'assurer une veille documentaire mutualisteet de suivre les débats qui portent sur les usages sociaux du web.http://aphgcaen.free.fr/chronique.htm .
A quel titre participez-vous aux RDV ?
En fonction de plusieurs casquettes.D'abord, en compagnie de plusieurs collègues (G Colotte, C Léon, N Smaghue,Y Chanoir), je participe depuis l'origine des RDV à l'animation d'ateliers multimedia mis en place par la Commission numérique de l'APHG. Ces ateliers ont eu d'abord lieu à l'IUT, avant de passer à l'Ecole d'ingénieurs, puis cette année au Lycée Dessaignes. Le plus souvent, les sujets sont en lien avec le thème du festival, mais ils peuvent aussi être liés plus spécifiquement à une partie d'un programme de lycée ou de collège, sans lien avec le thème de l'année. Cette année, à titre personnel j'ai répondu à l'invitation de la SHMC et participé à une table ronde sur "Ecrire et enseigner l'histoire à l'èrenumérique : quels changements ?". En marge du salon du livre, j'ai proposé un choix de sites web sur l'histoire des femmes, les Européens, la justice.http://clioweb.free.fr/blois/rvh2011.htm .
Depuis combien d'années participer vous au RDV?
J'ai eu le plaisir de participer à tous les RDV depuis le début, en 1998. Cela impliquait l'accord de mon proviseur pour déplacer les cours qui avaient lieu le vendredi.
Quelle importance représente pour vous les RDV ?
L'élement central est humain : rencontrer Lucie Aubrac laisse un souvenir exceptionnel. Les tables rondes et salon du livre sont l'occasion d'écouter et de débattreavec ceux qui étudient et écrivent l'histoire. Les thèmes retenus par le conseil scientifique permettent d'élargir le regard habituel de l'histoire scolaire. Les RDV sont aussi source de frustration : l'offre est très riche, et les lieux parfois distants les uns des autres, même dans une ville moyenne.Il faut donc choisir, et éliminer.Heureusement, depuis 2003, des enregistrements vidéo sont mis en ligne.C'est très utile pour ceux qui habitent trop loin, et pour tous ceux qui n'ont pas la patience de faire la queue.
Quelle place l'Orient tient il dans le programme scolaire?
Très peu de place dans les programmes de lycée ;dans la nouvelle mouture, le XIXe est coupé en deux, la première partie étudiée en fin de seconde, la deuxième toute juste entrevue en début de classe de première. L'histoire de la peinture a aussi peu de place. Il faut donc contourner l'obstacle, par exemple en étudiant la luttedes Grecs pour leur indépendance, ou en se servant de l'incitation à développer l'histoire des arts (qui ne serésume pas à l'histoire de la peinture).
Pour vous que signifie l'Orient ?
La priorité des ateliers n'est pas de dire la vérité sur l'Orient,mais de suggérer des pistes à explorer et des sources à exploiter. http://clioweb.canalblog.com/archives/2011/10/12/22318453.html - L'Orient, c'est une géographie à géométrie très variable. Au départ, le terme désigne la Méditerranée orientale (cf le voyage àJérusalem pour les écrivains) ; une première extension concerne l'Egypte (egyptologie et egyptomanie), une seconde la Grèce (cf les tableaux de Delacroix). Le voyage de Delacroix au Maroc, à Alger et en Andalousie élargit l'Orientà cette autre partie de la Méditerrannée. - C'est une source d'inspiration considérable pour un grand nombre de peintres au XIXe.L'orientalisme en Europe de Delacroix à Matisse - (ou de Delacroix àKandinsky). L'exposition a eu lieu à Marseille, cet été, après une présentation à Bruxelles et à Munich (avec site web).Delacroix était au cœur de deux expositions antérieures à l'Institut duMonde arabe :Delacroix, Le voyage au Maroc (1994) - De Delacroix à Renoir. L'Algérie des peintres (2003). Pour la classe, l'accès aux expositions et aux musées est trop souvent impossible. Il faut donc travailler à partir de reproductions, dans des catalogues oudes ouvrages d'art ou à partir des sites web spécialisés.Prenons l'exemple d'Eugène Delacroix." Femmes d'Alger dans leur appartement ", un de ses chefs d'œuvre a été présenté au Salon de 1834. Le site L'histoire par l'image analyse le tableau, rappelle le contexte et propose une interprétation. Les mots clés suggérés sont à exploiter (orientalisme, exotisme, histoire coloniale,Algérie, Sahara, désert). Le voyage au Maroc (la mission du comte de Mornay,peu après la prise d'Alger) a servi de source durable d'inspiration pour lepeintre... D'autres sources donnent accès à l'œuvre de Delacroix : The Web Gallery ofArt, Le Louvre (Delacroix, la fureur de peindre), Wikipedia (français etanglais) et Wikimedia Commons. L'Orient, c'est aussi l'engagement du peintre en faveur des patriotes grecs en lutte contre les Ottomans (Scène desmassacres de Scio et La Grèce expirant sur les ruines de Missolonghi). C'est également La Mort de Sardanapale, le tyran oriental légendaire, un tableau qui illustre les relations entre littérature et peinture : la source est un texte du poète Byron, mort en 1824 à Missolonghi. L'œuvre de Delacroix a influencé les peintres modernes. Renoir a réalisé unecopie de Noce juive. En 1955, Picasso a exécuté quinze peintures et de nombreux dessins préparatoires d'après Femmes d'Alger (cf. la présentationau Louvre, en liaison avec l'exposition Picasso et les Maîtres, en 2008). - C'est aussi le regard que des Européens formés à l'étude de l'antiquité gréco-romaine portent sur d'autres mondes,un regard qui hésite entre les fantasmes romantiques et une réalité d'avantage observée après 1850. Ce regard est concomitant de la naissance d'une vision raciste ;il accompagne les conquêtes militaires qui amorcent la formationdes empires coloniaux (cf Alger et l'Algérie).
M.J
Cuisine : ce que l'on doit à l'Orient.
Samedi 15 octobre, 16h15. La file d'attente est longue pour cette conférence, carte blanche à l'Institut Européen d'Histoire et des cultures de l'Alimentation (IEHCA) et à la revue Hommes et Migrations. Après une installation rapide, la table ronde débute, sous la direction de Jean-Pierre Williot, professeur à l'université de Tours. Jane Cobbi (anthropologue et chargée de recherche au CNRS) nous parlera du Japon, Brigitte Sébastia (anthropologue à l'institut français de Pondichéry), de l'Inde, et Rami Zurayk (professeur à la faculté d'Agronomie de l'université de Beyrouth), du Liban.
Lors de la préparation de cette table ronde, différentes approches ont été envisagées : celle de la circulation des épices et la multitude d'enjeux éco-géopolitiques qui en découlent, celle de la découverte et de l'intégration des produits orientaux à la culture occidentale. C'est finalement l'approche de la diffusion des modèles culinaires qui est choisie. En effet, depuis quelques années, la cuisine ethnique est partie à la conquête de nos assiettes, et de nos rues. Comment ce patrimoine immatériel a-t-il pu arriver jusqu'à nous ? C'est à cette question que vont répondre, brillamment, les intervenants.
La transmission culturelle se fait en grande partie par les immigrants. A leur arrivée en France, les Tamouls du Sri Lanka ouvrent de petites épiceries de produits indiens. Dans les années 1990, les produits dits « ethniques » deviennent à la mode. Les épiceries, jusqu'ici surtout fréquentées par la communauté indienne, s'ouvrent au reste de la population. La mécanique est la même pour les cuisines maghrébines et proches-orientales. Peu à peu, ces cultures s'intègrent à la restauration et la cuisine de rue.
La cuisine japonaise est une exception. Très à la mode aujourd'hui, elle fut longtemps marginalisée, provoquant le dégoût des palais français. Fascinés par la gastronomie hexagonale, les Japonais invitent chez eux de nombreux cuisiniers tels que Paul Bocuse et Alain Ducasse. Ceux-ci découvrent alors une cuisine précise, codifiée, et une multitude d'instruments (les fameuses batteries de couteaux japonais), et les importent en France.
Cependant, cet apport de techniques se fait avec une certaine simplification. Par exemple, le Sashimi, vu en France comme une recette de poisson, est en réalité une technique de découpage précise, utilisée pour le poisson, mais aussi la viande et les légumes.
La question qui se pose est alors la suivante : voyage-t-on réellement en dînant dans un restaurant ethnique ? La réponse est décevante. En effet, les restaurants exotiques s'adaptent à la culture réceptrice, et utilisent images et clichés, afin d'inviter au rêve mais surtout à la consommation.
Par exemple, les restaurants libanais servent en réalité le résultat d'un brassage culinaire entre Liban, Turquie et Syrie, adapté aux goûts occidentaux. Les spécificités locales sont passées sous silence : comme en France, la cuisine du Nord et du Sud de l'Inde sont très différentes, mais rien ne les distingue dans les restaurants indiens. Enfin, un produit comme le sushi, très à la mode, n'est en réalité pas représentatif de la gastronomie nippone, et pourtant, c'est le premier plat qui nous vient à l'esprit lorsque l'on nous parle cuisine japonaise.
Ainsi, en dînant dans un restaurant exotique, c'est une image commerciale, « occidento-centrée », que l'on consomme. Un voyage peut être, mais toujours à l'européenne.




