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mercredi 7 décembre 2011

Rencontre avec M.Ferrante Ferranti

Une rencontre originale, c'est comme cela que je définirais mon entrevue avec M. Ferrante Ferranti.

Le 13 octobre 2011 … M.Ferrante Ferranti inaugurait son exposition

Dès qu'on l'eut averti de ma présence et de mon souhait de l'interviewer, il a tout de suite répondu positivement à ma requête. C'est ainsi que nous nous sommes installés dans la salle des mariages pour discuter de son parcours et de son exposition.. Je n'avais pas pu rentrer en contact avec lui avant de me présenter à la maison où avait lieu le vernissage. Quand je suis arrivée, il était occupé à peaufiner la mise en place de ces oeuvres.


Mais qui est M.Ferrante Ferranti?

M.Ferrante Ferranti est un photographe d'origine sarde et sicilienne. Durant sa jeunesse, il était passionné par l'histoire, les civilisations anciennes, il pensait même devenir égyptologue ou archéologue. Finalement, il a étudié l'architecture à Paris et c'est en poursuivant ses études qu'il s'était retrouvé à prendre des clichés d'architecture. C'est à cette occasion, qu'il a su que la photo était faite pour lui et inversement. Il s'est découvert une passion pour le baroque catala

n qui est devenu un de ses sujets fétiches qu'il a voulu faire redécouvrir au travers d'un livre regroupant ses photographies.


Comment une exposition dans le hall de la mairie de Blois a-t-elle vu le jour ?

Ce n'est pas la première fois que M.Ferrante Ferranti vient à Blois. Il avait déjà était contacté plusieurs années auparavant pour effectuer un travail sur Mansart.

A l'époque, il avait apprécier la ville de Blois et c'est donc avec plaisir que cette année encore il a accepté d'exposer ses oeuvres dans le Hall de la Mairie de Blois.


L'exposition visible dans le Hall de la Mairie de Blois regroupe les clichés que M.Ferrante Ferranti a pris au cours de son voyage à bords du transsibérien, un train mythique, pour beaucoup un rêve, un rêve que lui a réalisé. Cette exposition a vu le jour grâce à la volonté conjointe du gouvernement russe et du gouvernement français. En effet, M.Ferrante Ferranti a été contacté, ainsi que d'autres artistes, afin d'exercer sa passion au cours du voyage. De ce voyage de plusieurs semaines, M.Ferrante Ferranti, nous a rapporté des images magnifiques, des instants capturés pour l'éternité.



Après s'être plié à cet exercice de l'interview, M. Ferrante Ferranti a continué de jouer le jeu et a accepté de poser pour l'article avant d'inaugurer son vernissage.




Suite à cette entrevue, je suis retournée dans le hall d'exposition où j'ai pu discuter avec des personnes de tout horizon:

Elena Taverne:

« C'est vraiment magnifique, ces photos me rende nostalgique, je suis russe et c'est vraiment ça la Russie, des monuments et à côté des petites maisons en bois comme sur la photographie. »

« Je suis venue car j'ai vu dans le programme des RDV qu'il y avait cette exposition sur la Russie et je suis ravie de voir que le photographe a su montrer ce qu'est la Russie et j'espère que ça donnera envie aux gens de visiter mon pays »

  1. Le maire de Blois, M.gricourt

« C'est un voyage extraordinaire, une exposition magnifique, avec un rêve que celui de voyager à bord du transsibérien... »

Après m'avoir accordée un instant M. Gricourt a inauguré le vernissage.




Melle Guénard Morgane et Melle Dupuis Emmanuelle

jeudi 1 décembre 2011

L'orientalisme à l'épreuve de la guerre d'Algérie

Ce débat est co-organisé par la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI) et l’association Génériques et animé par Marie POINSOT, rédactrice en chef de la revue Hommes et Migrations et Naïma YAHI, historienne, chargée de recherche, association Génériques, co-commissaire de l’exposition « Générations, un siècle d’histoire culturelle des Maghrébins en France ». Les intervenants sont Christine PELTRE, historienne de l’art, professeure à l’université Marc-Bloch de Strasbourg et Christelle TARAUD, professeure à l’université de Columbia.

L’orientalisme naît avec le début de la colonisation, comment a-t-il réagi à la décolonisation ? A la guerre d’Algérie ? Un courant artistique peut-il être affecté par des évènements politiques ?


La peinture orientaliste commence avec le début de la colonisation en Algérie, en 1830. Les grands peintres sont Dauzats, Chassériau… En 1849, Adrien Dauzats peint La Place du gouvernement à Alger et en 1850, Théodore Chassériau peint la Femme maure allaitant son enfant. Mais le grand interprète en est Eugène Delacroix. Mais leur peinture reste très imprégnée de culture antique ou d’influences médiévales. Ainsi, la chasse au faucon ou la salle des croisades du musée de l’histoire de France au château de Versailles. A l’initiative de Louis-Philippe, Horace Vernet peint les grandes scènes de la conquête de l’Algérie dans le même musée. Ces images ne sont pas dévalorisantes, elles subliment l’Orient. La figure d’Abd-el-Kader apparaît comme mythique. Mais en 1930, l’Algérie a changé. Elle est plus moderne. On remarque alors un certain ras-le-bol des Dinet et des Fromentin chez les intellectuels comme le poète Sénac. En 1952, l’exposition « Algérie 1952 » de Boris Taslitzky attaque la peinture orientaliste traditionnelle. En 1982, c’est la peintre Houria Niati qui donne sa version des Femmes d’Alger dans leur appartement de Delacroix. Ces femmes sont mutilées, torturées. Aujourd’hui, on trouve quelques peintres comme Hocine Ziani qui peint des tableaux d’histoire à la manière d’Horace Vernet ou encore Leïla Sebbar.


L’image de la femme de la mauresque à la beurette. Comment l’orientalisme a structuré l’image de la femme orientale ?

Dans les images orientalistes du XIXe siècle, la femme orientale est passive, soumise et lascive. C’est un symbole incontournable de l’Orient, représentée dans le harem, le hammam. Bien souvent, les femmes représentées n’ont rien à voir avec les femmes orientales. Elles sont objectivées et sexualisées selon l’imaginaire colonial, ainsi dans les nombreuses odalisques de harem, les femmes voilées dévoilées, les femmes mauresques aux seins nus. Cette image se dégrade de manière de plus en plus évidente. Les images actuelles des femmes orientales sont en grande partie pornographiques ; Il suffit de taper « beurette » dans un moteur de recherche pour le comprendre.

Quels sont les supports qui ont le plus contribué à la transmission des images ?

Les médias de masse : les cartes postales et le cinéma. Ces images traditionnelles perdurent, dans les chansons, dans la mode ou le cinéma.

Thomas D.

jeudi 3 novembre 2011

Interview-Intervention d'après projection de "Plus Jamais Peur"

Interview-Intervention audio de Mourad Ben Cheikh (réalisateur), Sophie Bessis (historienne) et Radhia nasraoui (fille de Nadia Nasraoui, avocate tunisienne et militante des droits de l'Homme) au cinéma Les Lobis.


Guillaume S. , Jalil S. , Nathanaël C., Alexandre D.

mercredi 2 novembre 2011

Plus Jamais Peur


"Plus Jamais Peur"

Un film-documentaire de Mourad Ben Cheikh, 1h15, 2011.

Synopsis :
Le 17 décembre 2010, un jeune vendeur ambulant s’immole a Sidi Bouzid, suite a la confiscation de son matériel. Un mouvement de contestation général en découle contre le régime du président Ben Ali, la révolution tunisienne commence.
Plus jamais peur est une chronique des différents épisodes de la révolution tunisienne à travers trois figures emblématiques du mouvement : une cybermilitante, Lina Ben Mhenni, qui a défié le régime de Ben Ali en relatant sur son blog les moments clés de la contestation ; l'avocate Radhia Nasraoui, défenseuse des droits de l'homme, qui a payé cher son engagement, tout comme son époux souvent emprisonné ; et le journaliste indépendant Karem Chérif, qui a vécu les moments clés de cette révolution avec sa famille et le comité de son quartier.
Outre leur engagement et leur espoir d'une Tunisie plus libre, le dénominateur commun de ces personnages toujours susceptibles d'être arrêtés, cambriolés, c'est la peur. Cette peur, c'est aussi celle que connaissaient tous les Tunisiens et qui les a fait se taire pendant près d'un quart de siècle face à la dictature de Ben Ali. Peur d'être tabassé, envoyé en prison ou torturé...
Ainsi, l'un des slogans de cette révolution, entre "Dégage Ben Ali" et "Le pouvoir au peuple", était : "Plus jamais peur !". Au cours du documentaire, on comprend que cette peur a peu à peu changé de camp : au fur et à mesure que l'élan révolutionnaire prenait de l'ampleur, c'est le régime de Ben Ali qui se met à trembler devant ceux qui lui obéissaient encore quelques mois plus tôt.
Entre les manifestations de rue, les sit-in, les grèves de la faim et les répressions violentes, entre les grenades lacrymogènes, l'hymne national chanté comme un cri de guerre et les policiers qui montrent leur sympathie pour les révolutionnaires, "Plus jamais peur" rassemble les images fortes d'un peuple qui se libère après vingt-trois ans de régime dictatorial.
S'il ne fallait en retenir qu'une, ce serait peut-être celle de ce jeune diplômé qui s'est cousu la bouche pour montrer que la dictature de Ben Ali le réduit au silence, le musèle.
Tourné sur le vif, le documentaire restitue le sentiment d'urgence des révolutionnaires avec une caméra qui les suit au plus près, presque toujours portée à la main, et qui donne aux spectateurs le sentiment d'être au cœur de cette révolte historique.
A travers les personnages de la cybermilitante et de l'avocate, ce documentaire a aussi le mérite de souligner le rôle crucial des femmes dans cette révolution. Le réalisateur insiste également sur l'importance d'Internet et notamment de Facebook dans la propagation de cette révolte, soulignant ainsi le rôle qu'ont tenu les jeunes générations, instruites, ancrées dans la modernité et connectées au mondes.

Mourad Ben Cheikh signe là un témoignage saisissant sur la révolution de jasmin, un témoignage qui se veut sûrement devoir de mémoire pour les générations futures comme l'atteste le slogan « déjà demain » à la fin du film...

Guillaume S.

Interview de Francis Chevrier






Nous tenons à remercier Francis Chevrier pour son accueil chaleureux.

Interview réalisée par Katy Perisse et Anaïs Prieto.

samedi 15 octobre 2011

L’orientalisme

un parcours historique

Conférence et questions posées à Henry Laurens, professeur au Collège de France

le jeudi 13 octobre 2011 à la salle de conférence du château de Blois


1. Depuis quand parle-t-on d’orientalisme ?

- Le mot entre dans le langage courant vers 1820. C’est un courant qui veut régénérer la littérature en s’appuyant sur l’Orient, en prenant l’Orient comme source d’inspiration. C’est une branche du Romantisme. Un mouvement équivalent apparait dans le domaine des arts, avec des tons plus chauds, des rouges, jaunes, ocres, des thématiques exotiques. On y voit la violence des passions et leur assouvissement. On pourrait parler de renaissance orientale.

2. L’orientalisme existait-il avant 1820 ?

- Oui, les orientalistes existent depuis longtemps. Les premières études scientifiques sur l’Orient datent de 1650. Dans ces années, on découvre qu’il existe des humanités orientales complémentaires aux humanités gréco-romaines. Au XVIe siècle, on faisait la différence entre les anciens et les modernes. Au XVIIe siècle, on y ajoute les orientaux, la distance linéaire entre Orient et Occident agissant comme une distance chronologique.

3. Quel est l’intérêt qui pousse les Européens vers l’Orient ?

- C’est tout d’abord un intérêt missionnaire et biblique. Celui-ci implique la connaissance des langues de la bible, l’hébreu, le syriaque, l’araméen et l’arabe, et des langues parlées par les peuples à évangéliser. D’où par exemple la création à Rome d’un collège maronite.

4. La raison est-elle uniquement religieuse ?

- Non, elle est aussi diplomatique. On apprend le turc et le perse pour traiter avec l’Empire Ottoman. C’est le rôle des drogmans, qui font leurs études à Paris, au lycée Louis-le-Grand, puis vont apprendre le turc à Constantinople pour servir à la diplomatie.

5. Quelles sont les répercussions en Europe ?

- Les voyages en Orient et la collection de manuscrits orientaux font naître une tradition de littérature orientale en Europe. Ainsi, La Fontaine connait des fables traduites du sanscrit, Antoine Galland traduit les 1001 nuits et quand il est à court de parchemin, il invente des histoires. L’histoire d’Aladin par exemple a été inventée par un français et a été reprise dans les éditions orientales des 1001 nuits. L’Orient devient une source d’inspiration. Les missionnaires en Chine devant étudier la langue et la culture et l’introduction d’objet chinois par le commerce entrainent en Europe un courant de sinologie et de « sinomanie ». C’est pour le commerce avec l’Orient qu’est créé le port de Lorient (l’Empire Ottoman faisait alors partie du Levant). Les Lumières font de multiples références au monde oriental, quand aux gazettes, elles ont des ouvertures de plus en plus lointaines et il n’est pas rare de voir en première page de la Gazette de France une correspondance de Perse datée de trois mois. Avec la Révolution Française, l’orientalisme change de forme. La Révolution doit s’étendre au reste du monde. C’est ce qui se passe lors de la campagne d’Egypte et par la suite lors de la colonisation.

6. L’orientalisme a-t-il eu un effet pervers ou non ?

-Répondre oui ou non serait donner un jugement, or nous ne sommes pas là pour ça. Jules Mole disait que l’Europe était en train d’affaiblir, de détruire l’Orient et qu’elle devait plutôt lui transmettre la science. Les orientalistes essayent au contraire de limiter la casse. Ils sont d’ailleurs plutôt appréciés dans les pays qu’ils étudient. Les orientalistes ont fait de nombreuses découvertes archéologiques, bibliques et de grammaire. Champollion découvre la pierre de Rosette, on redécouvre Babylone, Sumer. La grammaire comparée permet de mettre en évidence une famille de langues, les langues indo-germaniques ou aryennes, ou encore indo-européennes.

7. Comment l’orientalisme a-t-il évolué après la Seconde Guerre Mondiale ?

- L’orientalisme a été contesté, par les marxistes, par la décolonisation qui a opéré un réel déchirement, et par la critique post-moderniste. Aujourd’hui, les différences entre Orient et Occident tendent à s’effacer.

8. Il y a eu un orientalisme chez les occidentaux, y a-t-il eu un occidentalisme chez les orientaux ?

- Oui, du XVIe au XVIIIe siècle, mais pas écrit. Il y avait bien des relations de voyages mais qui n’avaient pas beaucoup de lecteurs. Il y avait des milliers de renégats, ces occidentaux qui passent à l’Islam et puis tout autour de la Méditerranée, la Lingua Franca. A partir du XVIIIe siècle on trouve de nombreux voyageurs orientaux en Europe, ce qui donne lieu à un genre littéraire. Il existe aussi des drogmans orientaux qui font partie du corps diplomatique. Ils ont tout vu, les guerres napoléoniennes, la Révolution Industrielle… On trouve de nombreux traités sur la cause du retard des orientaux et les moyens d’y remédier. Ce sont les évolués qui sont les occidentalistes. Ils contestent la suprématie anglaise en Inde et veulent un partage du pouvoir.

9. Vous avez parlé de l’orientalisme scientifique, pour moi, jusqu’à aujourd’hui l’orientalisme, c’était Delacroix et tous ces peintres du XIXe siècle. Peut-on rattacher l’orientalisme littéraire et artistique à l’orientalisme scientifique ?

- Oui, car ils sont apparus en même temps, mais l’orientalisme artistique est devenu un genre à part. Les orientaux ont eux-mêmes fait de la peinture orientaliste.


Thomas Drucy