Bienvenue sur le blog des étudiants de l'UE libre consacré aux rendez-vous de l'Histoire. L'équipe est constituée d'étudiants de différentes filières de l'université de Tours (AES, Histoire, Histoire de l'Art, Musicologie, Physique et Droit). Ce blog est animé d'articles, de reportages, de contributions insolites, de photographies et de vidéos.
vendredi 18 novembre 2011
lundi 17 octobre 2011
Débat: Révolutions Arabes et Laïcité.
~
Ce débat a fait l'objet de nombreuses questions se déclinant au tour du thème "Révolutions Arabes et Laïcité". Tour à tour, les intervenants nous ont partagé leurs points de vue de manière pertinente.
Le débat nous amène à réfléchir à la fois sur les évènements du passé, acteurs et témoins des phénomènes actuels, et sur les problèmes qui se posent aujourd'hui dans les pays Arabes, en prenant en compte des liens avec l'Occident.
Il est intéressant de se pencher sur le terme de "laïcité" car c'est un mot en quelque sorte incompréhensible puisqu'il est difficilement traduit dans d'autres langues et encore plus en Arabie. Toutefois, la laïcité serait définie comme une liberté totale de chaque individu pour chaque croyance tout en gardant une indépendance vis à vis de l'État.
Le débat a aussi souligné la question de la (non) séparation entre religion et politique de l'État. La conversation s'est alors tournée vers les polémiques présentes entre Islam et éthique. Le mot "état" est absent dans le Coran. L'État est donc une construction tardive qui doit s'occuper de la sphère sociale en plus de la religion. On s'aperçoit dès lors que le mouvement de séparation entre religion et État est un processus long et complexe, souvent contesté, mais toutefois présent dans le monde arabe. Il débute au cours du XIXème siècle avec les réformes ottomanes. L'exemple de la Tunisie est frappant par rapport aux autres pays arabes car elle est en avance. Elle reconnait par exemple les droits des femmes à la fois au niveau juridique mais aussi religieux. Le mouvement est très profond, notamment au niveau de la pensée. Le nom arabe de "laïcité" renvoie à Allah. Elle est donc considérée comme une chose séculière.
Les intervenants se sont également interrogés sur le rôle de la colonisation. A t-elle approfondi ou limité ce mouvement?. En Syrie, elle a joué un rôle de frein car les mandats français ont été très cléricaux dans les protectorats. Les Français donnaient plus de soutien à l'Église locale pour combattre les Anglais, qui eux, avaient l'appui des catégories sociales majoritaires. En Assyrie, l'État a la primauté mais il utilise la religion comme instrument. Cela permet de justifier les révolutions et les réformes. L'État garde cette référence religieuse pour garder en mémoire l'histoire.
La réflexion s'est aussi orientée sur le fait qu'établir une république démocratique avec des notions de sécularisation, de laïcité, se transformerait peut être en une menace pour les futures élections. Selon Khadija Chérif tout est jouable car au XIXème siècle apparaissait des constitutions laïques mais la colonisation a joué un rôle dans le retour de l'Islam. Lors des révolutions pour l'indépendance, aucun slogan religieux n'a été utilisé. Aujourd'hui, un courant islamiste réapparait sur la scène et fait partie du paysage politique. L'ambiguïté entre politique et religion est complètement apparente. Elle est présente au cœur même de certaines lois. La Tunisie représente un enjeu énorme car elle est la première à organiser des élections dans le monde arabe. De plus, le poids des laïcs est présent dans les revendications sociales.
C'est le pouvoir politique qui veut mettre la main sur le pouvoir religieux et la religion a toujours voulu mettre en place une séparation et une laïcisation. La notion de laïcité a, pendant longtemps et même chez les intellectuels, été considéré comme athéiste. Depuis les révolutions, le mot laïcité trouve sa place et les islamistes comprennent peu à peu qu'il n'y a pas de guerre contre l'Islam. Le but est d'assurer la neutralité de l'État dans la législation des codes de lois. Or chez les peuples très croyants, il est difficile d'établir cette distinction entre sphère publique et sphère privée. C'est donc un vrai travail idéologique qui est a mené entre la séparation des deux sphères.
Nous avons aussi vu que le rempart contre l'Islamisme, politique menée par l'Occident, a plutôt servi à le renforcer. Tous ces problèmes ont simplement servi à accroître la contestation islamique et le repli identitaire de ces sociétés. Khadija Chérif ajoute que toutes les injustices, les poids et les mesures, les guerres, sont dus à la violation des valeurs universelles par les démocrates eux-mêmes.
Morgane Guénard.
dimanche 16 octobre 2011
30 ans de politique arabe de la france , Hubert Védrine
(Hubert Védrine à droite sur la première photographie , Pierre Nora au centre de la deuxième photographie)
Cette conférence s'est ouverte à 11h le samedi à la maison de la Magie . Dehors il y a foule , le gérant de la sécurité nous confie qu’au moins deux cent personnes n’ont aucune chance de rentrer . Cette conférence est donc très attendue puisque c’est Hubert Védrine , homme politique , socialiste qui a entre autres expériences été ministre des affaires étrangères ( 1997 à 2002) qui va intervenir .
C'est avec beaucoup d'humour que cet éminent spécialiste en politique a ouvert cette fin de matinée . Il apparaît d’emblée que c’est un très bon orateur qui émet un discours clair , fluide et relativement accessible excepté pour quelques évènements politiques pointus. Dans la salle tout le monde écoute attentivement, on peut apercevoir au premier rang quelques personnalités dont Pierre Nora président du festival de cette année.
chronologie de 30 ans de politiques arabes de la France
Il entame sa chronologie par la France des années 60 qui ne traite qu’avec Israël (en autre pour son pétrole). La France n’avait pas de relation très développée avec les pays arabes à cette époque . Le terme de politique arabe ne naît vraiment qu’avec le général de Gaulle qui est à l'initiative de l’ouverture vers cette politique lors de sa prise de position pendant une conférence de presse en mars 1967. La vente d’armes françaises à la Libye est l’une des premières actions vivement critiquée en interne par les socialistes et en externe par les américains furieux que la France ne s’aligne pas sur leur politique et traite avec un pays vu comme extrémiste.
Il aborde ensuite le gouvernement Giscard d’Estaing qui avec ses deux premiers ministres consécutifs (dont Jacques Chirac ) noue des liens économiques et de très gros contrats de construction comme en Irak. Il rappelle qu’à cette époque des despotes comme Saddam Hussein étaient considérés comme des modernistes et avaient quelque chose « d’attirant » ils n’étaient pas encore perçus de la façon dont ils l’ont été plus tard . Il termine cette période en rappelant qu’elle voit émerger la question de la Palestine.
L’heure tourne il continue avec le gouvernement de François Mitterrand, ce dernier bien que socialiste ne sera pas du tout fermé à la politique arabe mise en place par la droite. Bien au contraire il assume l'héritage mais le modifie à sa façon. Ce fut le premier homme politique important à prononcer le nom d'Etat pour la Palestine lors de son discours de mars 1982. Hubert Védrine insiste sur la lenteur qu’il a ensuite fallu à l’Europe pour accepter l’idée (en 1998 soit 17 ans plus tard) . A cette période la guerre Iran Irak éclate et la France qui avait développé de gros contrats de constructions sous la présidence de Giscard D’Estaing ne sait plus trop si elle doit les honorer ou couper toute relation. Il est également à l’initiative d’une politique pédagogique auprès des français pour faire valider sa politique étrangère arabe.
Vient ensuite le président Jacques Chirac , Hubert Védrine déclare qu’il ne s’engage pas plus que Mitterrand mais il souligne que son côté sympathique , amical lui attire une certaine côte de popularité . La période abordée est celle où Hubert Védrine est ministre des affaires étrangères( recommandé par Lionel Jospin à Jacques Chirac ) , son discours ici est donc plus personnel puisqu’il jouait un rôle actif au gouvernement.. Il évoque son propre travail , une politique arabe de cas par cas (pays par pays ) , il insiste sur ce fait . Le deuxième mandat de Jacques Chirac est très vite abordé , il le dépeint comme « le champion du monde de l’amitié bilatérale » et ajoute que sa politique à été de moins active que lors de son mandat précédant.
La fin de la conférence est inscrite dans l’actualité plus récente de ces cinq dernières années , on aborde le gouvernement Sarkozy .
Ce dernier a fait sa campagne sur la rupture mais est obligé de conserver l'héritage des anciens gouvernements en ce qui concerne la politique arabe de la France. Nicolas Sarkozy a cherché au début de son mandat à s'aligner sur la politique des américains (époque Georges Bush) qui était de ne pas reconnaitre l’existence d’un Etat palestinien. Cette prise de position engendre de mauvaises relations avec les dirigeants arabes. Par la suite Nicolas Sarkozy n’entretient pas de bonnes relations avec Barack Obama et se voit forcé de revenir à la politique amorcée par la Veme république . Hubert Védrine déclare que c’est devenu limpide quand il a récemment fait revenir Alain Juppé au gouvernement (actuel ministre des affaires étrangères et européennes) .
Dans une sorte d’aparté il parle de l’affaire Kadhafi (son accueil controversé en France ) et rappelle à tous que ce sont les états unis qui ont permis sa « réhabilitation » , son retour dans le cercle des puissants justifié par sa coopération contre le terrorisme. La France a suivi .
La conférence rentre dans un sujet plus récent , les révolutions arabes qui « ont pris la France à contre pied » car « personne n’a rien vu venir » . Il passe très rapidement sur la mauvaise gestion des relations franco arabes dans le début de cette crise en évoquant Michelle Aliot Marie qui « n’était pas faite pour cela ».
La conférence se termine par une phase qui aborde des problématiques plus théoriques et parfois hypothétiques puisqu’on y parle aussi des actions futures à envisager.
La question qui est posée à l’heure actuelle est de savoir que faire face à cette crise et face à des pays qui souhaitent ardemment la fin de la guerre civile et l’accès à la démocratie ?Pour Hubert Védrine le rôle de l’Europe peut être de donner des conseils avisés, envoyer des experts politiques ou proposer un appui financier (une aide qui a déjà été proposée au Maroc , à la Tunisie , à l’Egypte par le G8 )
Il explique que ces pays ont besoin d'une politique « fine , délicate d’accompagnement de la démocratie » « si des avis peuvent être donnés rien ne peut être fait à leur place . » Il évoque bien sûr les risques d’accession au pouvoir des partis islamistes plus ou moins extrêmes surtout dans des pays qui connaissent actuellement un fort morcellement politique .
Pour conclure sa conférence Hubert Védrine a insisté sur le fait qu'il est absolument évident d'avoir une politique arabe et que chaque pays du monde en possède une. Il déclare enfin que l’Union Européenne ne semble pas prête à développer une politique commune à ce sujet et qu’abandonner pour l’instant une politique arabe française individuelle au profit du collectif serait à l’heure actuelle perdre sur les deux tableaux.
Il termine par un sujet qui lui tient à cœur en déclarant que le sort de la Palestine non réglé est un frein pour ce genre de politique.
Cette conférence a été très enrichissante puisqu’ancrée dans l’actualité , très accessible Hubert Védrine dresse un tableau chronologique des différentes politiques arabes qui ont été envisagées sous différents dirigeants tout en faisant revivre les contextes de l’époque et en amenant ses souvenirs ,ses impressions et son avis personnel . Le nombre élevé de questions qui lui ont été posées prouve l’intérêt qui a été porté à une telle conférence.
Marion Dupuis et Léa Cicchelero .
Concert Promenade en Chine

Lors de ce concert vous pouviez entendre Sui Diao Ge Tou ( Depuis quand la lune brille-t-elle?) chant traditionnel de Su Shi. http://www.youtube.com/watch?v=Iiim-DPcH_k&feature=player_embedded
Vous pouviez voire une démonstration de Tai Chi Chuan sur la musique de Jean-Michel JARRE Souvenir de Chine:
http://www.youtube.com/watch?v=UK5Rdn94aMc&feature=player_detailpage
Vous pouviez entendre une oeuvre chinoise voulant se rapprocher le plus possible de la composition savante occidentale.
dirigé par Pierre-François Boet ( à gauche)
Interview de Mr Pierre-François BOËT et Christian ROCA:
http://youtu.be/b4ezP45NNSw
http://youtu.be/csWOHfm75hg
http://youtu.be/KMGiL9rI6S8
Interview réalisé par A. DURIEZ et N.COLINDRE