Dessin pour le blog de Jul (dessinateur de presse à Charlie Hebdo et auteur de bande dessinée)
qui comporte une petite erreur : à remplacer le D par un V !
Bienvenue sur le blog des étudiants de l'UE libre consacré aux rendez-vous de l'Histoire. L'équipe est constituée d'étudiants de différentes filières de l'université de Tours (AES, Histoire, Histoire de l'Art, Musicologie, Physique et Droit). Ce blog est animé d'articles, de reportages, de contributions insolites, de photographies et de vidéos.

ussi retrouver les personnages de L’Ogre de la Couronne, du même auteur, qui s'aventurent dans le Paris de 1900. C'est en compagnie de Pierrot et "ses aminches" que le lecteur visite le vieux Paris à travers des décors soigneusement représentés. L'intrigue, riche en suspens, est animée par les fausses pistes et les rebondissements. Un terrible assassin s'attaque aux ravissantes jeunes femmes des quartiers populaires. Lecteurs, prenez garde à l'Ogre qui rôde dans les ruelles!
Inhumaines: les gardiens de camps de concentration et leurs loisirs.
La virilité est un idéal de perfection, apparu à l'Antiquité. Comme tout idéal, il est inaccessible, d'autant plus qu'il évolue avec les canons de l'époque. Les virilités antique et médiévale, qualifiées de « force abrupte et domination indiscutée » par Georges Vigarello, montrent une affirmation des hommes entres eux, y compris grâce à l'Éros masculin. A l'époque moderne apparaît le gentilhomme, brave, élégant, et coureur de jupons, tandis que l''époque contemporaine est celle d'un homme courageux et autoritaire à l'opposition du lâche, de l'impuissant et de l'efféminé. On remarque que de grandes caractéristiques perdurent, même si elles ne s'affirment pas de la même façon. La force physique et morale, la puissance sexuelle et la domination masculine sont toujours valorisées.
Avec l'affirmation du droit des femmes et l'instauration de lois à l'encontre de la violence domestique, le modèle de l'homme viril, vu comme « macho » est aujourd'hui moqué. Ce phénomène de « dé-virilisation » inquiète certains philosophes et psychanalystes qui déplorent le déclin de l'autorité masculine face à la toute-puissance d'une gente féminine vue comme castratrice.
De mon point de vue, ces inquiétudes sont assez archaïques. En effet, si les femmes demandent, à juste titre, l'égalité et le respect, elles ne demandent pas la mort de l'homme viril. La masculinité doit peu à peu se réinviter et s'adapter aux nouvelles moeurs, comme elle l'a déjà fait, à plusieurs reprises, par le passé.
Alain Corbin, Jean-Jacques Courtine, et Georges Vigarello, Histoire de la virilité, 3 tomes, Éditions du Seuil, 2011.

L'odalisque de Matisse
L'odalisque de Renoir
Le bain turc de Ingres
Les pestiférés de Jaffa de Gros
Les femmes d'Alger de Delacroix
La naissance de Vénus de Botticeli
dessinée «Sanmao» . Certains le considèrent comme une sorte de Tintin chinois. Cette BD apparaît en 1935 sous le pinceau de Zhang Leping.
Beaucoup de monde se presse dès 11h10 pour avoir une place parmi les 49 sièges que compte la salle de Conférence du Château de Blois où sera proposée d’ici une vingtaine de minutes la conférence La Compagnie des Indes : l’Orient des historiens. Certains reviennent justement de l’exposition De Lorient à l’Orient : les Compagnies des Indes, XVII-début du XIXe siècle, d’autres parlent d’y aller dès la fin de la conférence. Mais pour le moment, carte blanche à la Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives (DMPA) et aux différents intervenants : P. Beaujard, anthropologue et directeur de recherche au CNRS, R. Estienne, conservateur général au Service Historique de la Défense, P. Haudrere de l’université d’Angers, G. Le Bouedec, professeur à l’université de Bretagne Sud et directeur du GIS histoire maritime, et enfin P. Norel, économiste à l’université de Poitiers et professeur à l’IEP de Paris.
Cette conférence propose de réorienter le rôle des Compagnies des Indes en tant qu’outil de l’expansion des puissances européennes dans une économie globale. Mais tout d’abord, un rappel : que sont les Compagnies des Indes ? C’est à Philippe Haudrere de retracer l’histoire de ces compagnies, avant tout celle d’un monopole. L'Histoire des Portugais pour commencer, qui une fois dépassé le Cap de Bonne-Espérance en 1488, implantent un commerce maritime avec des comptoirs tels que Malacca (Malaisie), jusque-là en commerce avec le monde musulman, avec pour but bien sûr le gain d’argent mais aussi l’enjeu de la Reconquista. Leur monopole prend fin dès 1578 avec la passation du pouvoir portugais à la couronne espagnole, l’échec du commerce des épices avec les Moluques et les initiatives Hollandaise et Anglaise. Ne leur reste que le Brésil. Les Hollandais reprennent ce commerce en main et créent en 1602 la première entreprise aux actions gérées par la Banque d’Amsterdam. Les six centres d’armements assurent le monopole. Ce modèle est copié par les Anglais en 1606, puis par la France, la Suède, le Danemark et la Belgique. Au moyen de navires puissants, d’un équipage professionnel (le personnel spécialisé est recruté principalement à Saint-Malo et Lorient), le commerce s’organise et les droits de sorties de marchandises sont abaissés par les puissances orientales.
Philippe Norel, quant à lui, décide de s’attarder sur l’avant Compagnie des Indes, l’ère des diasporas commerciales partagés dès le IIe Millénaire avant JC entre l’Egypte, la Mésopotamie et l’Inde, avant que ne s’ouvre la route de la soie et que les marchands vénitiens ne développent un « capitalisme » à partir de 1250. Il s’attarde notamment sur les empires chinois et mongole du 7e et 10e siècle.
Philippe Beaugard parle des « systèmes monde » qui régissent le commerce maritime, fonctionnant sur une interdépendance entre la Chine, l’Inde Orientale et une partie de l’Europe, servis par une amélioration croissante des techniques de productivité.
La conférence est conclue par René Estienne qui change l’historiographie habituelle en adoucissant quelque peu la vision « colonisateurs » des européens, avec tout ce que cela peut sous-entendre d’irrespect de de domination dans l’imaginaire collectif, et en parlant plutôt de cultures qui ont interagis et se sont enrichis l’une l’autre en prenant pour exemple le commerce de la porcelaine de Chine ou des « Indiennes » ces fins tissus de coton peints à la main, très prisés des européens mais dont l’importation est formellement interdite dès 1686 (et qui sera donc l’objet d’un marché noir jusqu’à ce qu’ouvre un atelier à Mulhouse à la fin du XVIIIe siècle).
Les Compagnies des Indes ont été l’objet de deux autres conférences menées par la DMPA, en plus de l’exposition proposée jusqu’au 20 Novembre.
Katy Perisse.

M.J
Ce dimanche a eu lieu la conférence de Robert Solé sur Ramsès II. L’intervenant franco-égyptien étant ancien journaliste au Monde et écrivain (et non pas égyptologue) nous propose un récit des « aventures » de la momie de Ramsès, plein d’humour, à partir de son nouvel ouvrage La vie éternelle de Ramsès II. Dans ce livre il enquête sur les mésaventures de la momie de celui qu’il appel LE Pharaon, qui est l’homme des superlatifs avec plus d’une demi-douzaine d’épouses légitimes, au moins cents enfants, un règne de 67 ans et des monuments gigantesques à sa gloire tels le temple d’Abu Simbel. Il est aussi connu pour être le premier communicant de l’histoire.
Robert Solé nous propose en introduction un rappel sur la momification, son procédé mais aussi sa signification. En effet le défunt doit réunir tous les éléments de sa personne et tout ce qui est immatériel (son nom, son ombre et son esprit) afin de poursuivre sa vie après la mort. Le temps de momification doit durer 70 jours : le temps des manipulations "chirurgicales" effectuées sur le corps du défunt, et le temps à l'ancien souverain pour devenir un nouvel Osiris, en référence au temps qu’il a fallu à Isis épouse et femme d’Osiris pour retrouver et rassembler les morceaux du corps de celui-ci préalablement dispersé par Seth, leur frère. Une fois momifiée la dépouille de Ramsès fut mise dans un tombeau, pillé une première fois à l’Antiquité puis une seconde fois alors que le sarcophage se trouvait dans le tombeau de son père. Déplacées, ce n’est qu’en 1881 (22 siècles plus tard!) que l'on retrouve ainsi une trentaine de cercueils royaux cachés dans les monts Thébains. Les momies des illustres dirigeants vont ainsi être ramenées au Caire par Gaston Maspéro, qui devient, à la suite d'Auguste Mariette, le deuxième directeur des antiquités égyptiennes du Caire. Robert Solé nous fait part d’une anecdote plutôt comique concernant ce transport : une fois le bateau transportant les vestiges arrivé à la douane, le terme de « momie » n'existant pas dans les listes officielles d'enregistrement d’objets, toutes les momies furent enregistrées en tant que "poissons séchés" ! Ainsi après 18 siècles après sa mort, la momie de Ramsès II se retrouve dans les murs du musée du Caire où elle va subir une séance de démaillotage (c'est-à-dire que l'on retire le tissu bande par bande) en 1886 afin de prouver l’authenticité du souverain, et découvrir à cette occasion quelques détails supplémentaires comme le fait que le pharaon soit roux!
La momie continue son ballotage, va être à plusieurs reprises déplacée dans des lieux divers dont le domicile du directeur du musée ou elle sera temporairement exposée parmi d'autres. Mais surtout, dans les années 1970 Ramsès II devient le premier Pharaon à prendre l’avion ! La momie étant malade (on s'aperçoit de la présence de champignons liée à une mauvaise exposition et conservation du corps au Caire) celle-ci fut officiellement invitée par le Président Giscard d’Estaing à venir se faire soigner à Paris dans les transports confortablesde l'aviation militaire. A son arrivée à l’aéroport du Bourget, elle est accueillie par la Garde Républicaine qui lui offre un tour de la place de la Concorde et de l’obélisque jadis ramené par Napoléon de ses conquêtes d'Égypte, (Ramsès devait se délecter des quatre faces sculptées de motifs à sa gloire) avant d'être déposée au Musée de l’Homme pour être soignée de ses parasites, mobilisant ainsi plus d'une vingtaine de spécialistes.
Faute de temps mais désireux de répondre aux questions du public l’écrivain termine son discours sur la place de la momie aujourd’hui au sein du musée, qui de retour au Caire s'est trouvée dans la salle des momies royales créée principalement dans le but de les rassembler à l'abri, cette fois, des ballotages et des risques d'infection, et ainsi éviter de nouveaux frais colossaux!
La question de l’exposition du corps d’un défunt est toujours d’actualité et reste constamment débattue dans le cercle des historiens et des politiques passionnés d'Égypte.
M.V & J.P

ufaux est un scénariste belge d'abord passionné de cinéma puis plus particulièrement de bande dessinée. Après sa première collaboration au Journal Tintin, il effectue de nombreux travaux de commande. Il est capable de mettre en scène des univers variés garantissant au lecteur une écriture originale.