

Bienvenue sur le blog des étudiants de l'UE libre consacré aux rendez-vous de l'Histoire. L'équipe est constituée d'étudiants de différentes filières de l'université de Tours (AES, Histoire, Histoire de l'Art, Musicologie, Physique et Droit). Ce blog est animé d'articles, de reportages, de contributions insolites, de photographies et de vidéos.
Vendredi 14 octobre, 11h30. Cette conférence, dirigée par Emmanuel Thiébot, historien, fait intervenir Françoise Kreissler, professeure à l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO) et Sonia Au, doctorante.
En Europe, la fin de la Guerre Froide laisse place à un retour sur la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, et pose de nouvelles questions. En République Populaire de Chine, ce processus se fait en décalage avec le reste du monde. En effet, l'année 1989 marque un retour en force de l'idéologie communiste. Le but de cette conférence sera de comprendre comment la Seconde Guerre mondiale s'est inscrite dans la mémoire collective chinoise. La conférence commence par un rappel des évènements. Le premier front de la Seconde Guerre mondiale s'installe en Chine, après l'incident Marco Polo, le 7 juillet 1937. Les troupes japonaises, qui occupent déjà la Manchourie, font régulièrement des incursions en territoire chinois. Une simple escarmouche va mettre le feu aux poudres et déclencher la guerre sino-japonaise. Le Japon envahit alors la Chine, et ne rencontre que peu de résistance, jusqu'en Chine Centrale. Alors seulement, l'armée nippone enregistre de lourdes pertes et réalise que la conquête sera plus longue qu'espérée.
Entre 1937 et 1945, la Chine est divisée en plusieurs territoires, dirigés par différents pouvoirs qui s'affrontent entre eux : les nationalistes, les Japonais, puis les communistes à partir du 8 août 1945. Une semaine plus tard, le 15 août 1945, le Japon déclare le retrait des troupes. La Chine se déclare alors victorieuse, mais le Japon refuse de se considérer comme perdant.
La Chine bascule alors dans trois années de la guerre civile, et la période 1937-1945 s'éloigne des mémoires, face à une actualité plus brûlante. En 1946 sont organisés quelques procès de criminels de guerre, mais les règlements de compte avec le Japon attendront : les communistes prennent le pouvoir, et imposent leur idéologie des années de conflit. Les années suivantes ne donneront naissance qu'à peu de publications scientifiques sur le sujet, toujours sur des questions purement géographiques, ou servant la propagande communiste. La transmission de l'histoire de la guerre se fait presque intégralement par la culture populaire : cinéma, bande dessiné, théâtre, … Cette histoire de la guerre transmet une vision très sinocentrée du conflit, appelée « guerre de résistance face au Japon », expression occultant le reste du monde. C'est également une vision très formatée qui s'installe, où ne sont retenus que les évènements glorieux pour le communisme et le peuple chinois. Un exemple marquant de la force de l'idéologie communiste : l'occupation partielle de la Chine laisse penser qu'il existe une multitude de visions et de souvenirs de la guerre. Cependant, la « grille de lecture » maoïste reformate complètement cette mémoire collective et impose une image qui restera figée jusqu'en 1981.
En effet, le début des années 1980 marque la fin du maoïsme, ce qui permet un retour et une relecture du passé de guerre. La guerre sino-japonaise demeure malgré tout un symbole de la puissance du peuple chinois. Avec les années, les mentalités vont peu à peu évoluer. Un exemple frappant est celui du mémorial de Nankin. Ouvert en 1985, il est inauguré le 15 août, date victorieuse des quarante ans de la fin de la guerre. Lors de sa réouverture après quelques travaux en 2007, la date choisie est celle du 13 décembre, soit le jour de l'arrivée des troupes japonaises à Nankin. Ici, on a choisit de souligner la douleur et le traumatisme laissés par le massacre. Les années 1990 laissent également place à une vision plus globale de la guerre, de plus en plus souvent appelée « Seconde Guerre mondiale ».
Cependant, au contraire des relations franco-allemandes, les relations sino-japonaises sont loin d'être apaisées. En Chine, en 2005, de virulentes manifestations dénoncent le négationnisme du massacre de Nankin dans les manuels scolaires japonais. De plus, les Chinois se révoltent contre la demande du Japon d'intégrer le conseil de sécurité de l'ONU. En effet, la repentance du Japon quant aux massacres n'est que récente et paraît peu sincère, quand on sait qu'on parle encore là bas des « incidents de Chine », expression qui n'est pas sans rappeler « les évènements » d'Algérie. Ainsi, le président chinois Hu Jintao a déclaré : « Il n'est pas possible de contourner l'histoire, et je souhaite que le Japon affronte ce problème de manière plus objective ».
La conférence vue par Anaïs Prieto :
Cette conférence m'a beaucoup intéressée. En effet, elle m'a permis d'en savoir un peu plus sur un aspect de la Seconde Guerre mondiale peu enseigné ici, et peu accessible au vu du nombre restreint de livres en langue française sur le sujet. La place et l'histoire de la Chine dans cette guerre posent la question de la mémoire collective, et de la façon dont elle peut être manipulée. De plus, l'instauration du communisme juste après la guerre, ainsi que le négationnisme du Japon, ont repoussé la mise en place du processus auquel nous avons assisté en Europe. En effet, les procès de Nuremberg, les nombreux ouvrages et débats ont permis de clore, sans l'oublier, ce chapitre sombre de l'Histoire européenne. Alors que la blessure chinoise, non prise en compte et non soignée, est encore à vif.
La conférence vue par Katy Perisse :
J’admets volontiers que sur le programme, cette conférence ne m’attirait guère et que je m’y suis rendu avec réticence dans le seul but qu’elle me serve à rédiger un compte-rendu pour le séminaire de Guerre et Société proposé en M1 Histoire. Néanmoins, je ne fus pas déçue, cette conférence a été l’une des plus intéressantes et instructives qu’il m’ait été donné de voir pendant ces Rendez-Vous de Blois. De par son sujet tout d’abord : la place qu’a tenu la Chine durant la Seconde Guerre Mondiale, et son historiographie sur le conflit ; un sujet méconnu en France, rarement abordé dans le domaine universitaire et la recherche. Ensuite par la richesse des interventions, mélangeant récits factuels, culture de guerre et interprétation des conflits, et extrait de littérature chinoise, le tout conclu par un débat utile sur l’objectivité réelle des mémoriaux, qu’il soit là chinois, japonais ou même français.
Il était une fois, dans une charmante bourgade prénommée Blois, l'histoire de la conteuse à la parole envoutante.
Dans cette ville, il y a avait un lieu magique, un lieu emblématique, un lieu ouvert à tous. C'était une maison où les livres avaient trouvé demeure : la bibliothèque de l'Abbé Grégoire. Cette maison du savoir où petits et grands venaient en temps normal afin de s'évader, apprendre, découvrir, s'émerveiller.... avait revêtu un tout autre aspect en ce samedi ensoleillé du 15 octobre 2011.
En effet, dans une salle dédiée à la jeunesse, endroit où l'imagination est reine, des chaises et des tapis avaient été disposés face à un mur, un long tapis gris au sol et une table avec divers objets disposés dessus. Les enfants avaient posé leur livre pour s'installer sur un tapis coloré et les adultes s'étaient assis confortablement sur leur siège. Mais qu'attendaient-ils tous positionnés ainsi?
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Après quelques instants, une femme souriante est apparue, attirant l'attention d'un public impatient de voir ce qu'elle allait faire. Un flot de paroles enfantines, de commentaires d'adultes fusaient, tous tentaient de faire preuve de discrétion mais un bruit de fond persistait. Cependant, en un seul mot, la femme mit un terme à tout ces bavardages. Elle avait réussi à captiver totalement son auditoire. S'assurant d'avoir bien l'attention de tous, elle se mit à conter des histoires, toutes plus magiques les unes que les autres. Elle parlait tour à tour d'un sultan qui s'ennuyait, d'hachichi et du lion, de la femme du roi des voleurs, de Ganesh et Parvatti avec leur enfant Shiva et tant d'autres encore.
La passion et la vie qu'elle insufflait dans ces contes emmenaient le public dans des pays haut en couleurs. L'orient devenait alors un monde palpable.... Les voyageurs ont ainsi pu visiter l'Iran, l'Inde.....
Lorsqu'elle finit sa narration, elle s'assura de rendre les oreilles à tous ceux à qui elles les avait emprunté pendant une heure d'aventure. Une fois cela fait, les spectateurs jeunes et moins jeunes se mirent à applaudir à tout rompre, remerciant de cette façon cette saltimbanque des temps modernes qui les avait emmené bien plus loin qu'aucun billet d'avion n'aurait pu le faire.
Et si vous visiteurs du blog vous partiez en voyage au rythme d'un conte?
L’orientalisme naît avec le début de la colonisation, comment a-t-il réagi à la décolonisation ? A la guerre d’Algérie ? Un courant artistique peut-il être affecté par des évènements politiques ?

L’image de la femme de la mauresque à la beurette. Comment l’orientalisme a structuré l’image de la femme orientale ?
Quels sont les supports qui ont le plus contribué à la transmission des images ?
Les médias de masse : les cartes postales et le cinéma. Ces images traditionnelles perdurent, dans les chansons, dans la mode ou le cinéma.
Thomas D.

Conférence donnée par Denis CROUZET, professeur à l’université de Paris IV Sorbonne, auteur de Nostradamus (Editions Payot, 2011)
Si le thème des Rendez-Vous de l’Histoire cette année est l’Orient, toutes les conférences n’abordent pas ce sujet. Vous ne trouverez rien de mieux que de faire un tour du côté de l’observatoire de la biographie historique pour se distraire entre deux conférences. La salle de conférence du château de Blois n’était pas pleine, la foule n’était pas pressée pour venir écouter la vie de cet étrange personnage dont on ne sait presque rien.
Né le 14 décembre 1503 à Saint-Rémy-de-Provence dans une famille juive convertie au catholicisme, Michel de Nostredame, dit Nostradamus fait des études de médecine à Montpellier et devient docteur en 1532. On sait que de 1546 à 1547, il se trouvait à Aix et à Lyon pour soigner des malades de la peste. Il se fait connaître en éditant des prophéties sous la forme de quatrains. Sa renommée arriva ainsi à la cour de France où il est reçu par Catherine de Médicis, qui lui fait rencontrer le roi Charles IX. Il reste à la cour sa vie durant, jusqu’à sa mort qui survient en 1566. Tous les ans, Nostradamus fait des pronostics pour l’année à venir, mais il serait vain de vouloir trouver du sens à ses prophéties, comme l’ont fait de nombreux charlatans par la suite. Nostradamus y montre une vision du mal qui est dans l’homme ; on y trouve « des monstres et des merveilles, des tempêtes et des sécheresses ». Il y parle une langue énigmatique qui vise à effrayer ses lecteurs pour leur montrer la nécessité de conversion à Dieu. Effrayés par un avenir terrible, ceux-ci comprenaient que face au péril de la haine bien mieux valait vivre dans l’amour du Christ. En plus d’être médecin du corps, il se veut « médecin des âmes » selon la formule de Denis CROUZET. Dans une période difficile, de déchirement religieux entre catholiques et protestants, Nostradamus, évangéliste, choisit de se situer ni dans un camp ni dans l’autre, mais au milieu, à la manière d’Erasme. Souvent comparé à Rabelais, les deux humanistes ne sont pas si éloignés l’un de l’autre. Tous les deux ont fait leurs études de médecine à Montpellier, sont évangélistes et nourris d’Erasme. Et si pour Rabelais, c’est le rire qui est le remède contre les maux de ce temps, Nostradamus prêche le retour à Dieu présent dans chacun de nous par une foi purifiée.
J’ai demandé si Nostradamus était bien compris ainsi par les gens de son époque, mais la réponse est difficile à donner, on n’a pas de témoignage et on en sait pas grand-chose. Denis CROUZET est l’auteur d’un livre sur Nostradamus.
Thomas DRUCY
Ils nous ont résumé les différentes étapes de la création du musée né du rachat de la collection privée de Jean Pierre Verney en 2005 par l’agglomération du Pays de Meaux :
Sa collection était exceptionnelle car diversifiée et très vaste. Il avait amassé depuis les années 1960 plus de 20000 objets et 30000 documents couvrant des aspects divers de la première guerre mondiale. Il possédait par exemple des casques de soldats détournés en instruments de musiques (image qui suit) , ou encore des matraques de tranchées dans les tranchées de façon artisanale.

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C’est en 2006 que le conseil scientifique a décidé de l’orientation du musée : il doit retracer la première guerre mondiale de 1914 à 1918 en montrant les évolutions de techniques et de mentalités entre les deux périodes et la construction de la mémoire après 1918 . En 2007 il obtiennent l’appellation musée de France, label indispensable au musée car cela lui confère un gage de sérieux. Suivent ensuite : l’inventaire informatisé de la collection ( 13000 objets numérotés, étiquetés et classés) , le chantier des collections lancé en 2008 (dépoussiérage, conditionnement et si besoin restauration des objets exposés ). Enfin un long travail de présentation , installation des collections avant l'ouverture.
Enfin ils sont revenus sur leurs efforts particuliers pour plonger le visiteur dans une ambiance particulière qui doit l’amener à « vivre » la visite.Par exemple il y a la présence d’une vitrine où le visiteur traverse une rangée de soldats qui sont à sa hauteur il se retrouve donc comme « au cœur » de l’action et l’ajout de bruitages de guerre accentue cette immersion.
Les mannequins utilisés portent des costumes d’époque complets, ils sont très réalistes, en mouvement . Ils ont aussi décidé de sacrifier quelques objets pour la manipulation ,on pourra par exemple soulever un fusil , un barda se rendre compte du poids que le soldat devait porter. Enfin la présence d’un auditorium doit leur permettre d’introduire la culture dans la musée avec par exemple des spectacles de danse contemporaine dans l’optique de mélanger les publics et animer la vie du musée.
Pour conclure le directeur du musée nous déclare que la muséographie évolue et que ce musée à la pointe sera probablement démodé dans quinze ans ans s’ils ne font rien évoluer.
Au vu de la précision et de la technicité des questions posées par le public il paraît évident que la plupart des personne qui ont assisté à ce débat connaissaient très bien le milieu muséographique. Ainsi c’est à ce moment que le débat à réellement eu lieu. Le directeur du musée et la directrice des collections ont été interrogés sur les limites de leur travail , la frontière à ne pas franchir dans cet effort d’expérience à vivre pour que ce ne soit pas « disneyland » . Ils ont rappelés avoir travaillé avec une vrai rigueur scientifique et historique en s’étend de plus entourés de spécialistes.
Le site internet du musée : http://www.museedelagrandeguerre.eu/
Pour plus de détail sur les étapes du développement du musée voir leur dossier de presse très complet et bien illustré:
http://www.museedelagrandeguerre.eu/sites/default/files/pdf/DP_4-10_-_40_PAGES_BD.pdf
Le musée a été inauguré le 11 novembre date symbolique de l’armistice de la guerre 14-18 . Le musée tablait sur 80 000 à 100 000 visiteurs par an , ils en ont accueilli 11000 à l’occasion de ce week end d’ouverture .
crédit photographique © musée de la grande guerre - pays de meaux / d. pazery (images présentée en power point aux rendez vous de l’histoire , issues ici du dossier presse )
Cicchelero Léa