dimanche 4 décembre 2011

Il était une fois une conteuse... Muriel Broch...

Il était une fois, dans une charmante bourgade prénommée Blois, l'histoire de la conteuse à la parole envoutante.

Dans cette ville, il y a avait un lieu magique, un lieu emblématique, un lieu ouvert à tous. C'était une maison où les livres avaient trouvé demeure : la bibliothèque de l'Abbé Grégoire. Cette maison du savoir où petits et grands venaient en temps normal afin de s'évader, apprendre, découvrir, s'émerveiller.... avait revêtu un tout autre aspect en ce samedi ensoleillé du 15 octobre 2011.

En effet, dans une salle dédiée à la jeunesse, endroit où l'imagination est reine, des chaises et des tapis avaient été disposés face à un mur, un long tapis gris au sol et une table avec divers objets disposés dessus. Les enfants avaient posé leur livre pour s'installer sur un tapis coloré et les adultes s'étaient assis confortablement sur leur siège. Mais qu'attendaient-ils tous positionnés ainsi?

…..


Après quelques instants, une femme souriante est apparue, attirant l'attention d'un public impatient de voir ce qu'elle allait faire. Un flot de paroles enfantines, de commentaires d'adultes fusaient, tous tentaient de faire preuve de discrétion mais un bruit de fond persistait. Cependant, en un seul mot, la femme mit un terme à tout ces bavardages. Elle avait réussi à captiver totalement son auditoire. S'assurant d'avoir bien l'attention de tous, elle se mit à conter des histoires, toutes plus magiques les unes que les autres. Elle parlait tour à tour d'un sultan qui s'ennuyait, d'hachichi et du lion, de la femme du roi des voleurs, de Ganesh et Parvatti avec leur enfant Shiva et tant d'autres encore.

La passion et la vie qu'elle insufflait dans ces contes emmenaient le public dans des pays haut en couleurs. L'orient devenait alors un monde palpable.... Les voyageurs ont ainsi pu visiter l'Iran, l'Inde.....

Lorsqu'elle finit sa narration, elle s'assura de rendre les oreilles à tous ceux à qui elles les avait emprunté pendant une heure d'aventure. Une fois cela fait, les spectateurs jeunes et moins jeunes se mirent à applaudir à tout rompre, remerciant de cette façon cette saltimbanque des temps modernes qui les avait emmené bien plus loin qu'aucun billet d'avion n'aurait pu le faire.

Et si vous visiteurs du blog vous partiez en voyage au rythme d'un conte?




Mais qui est cette femme à la voix sans nul autre pareil?
Rencontre avec Muriel Broch


jeudi 1 décembre 2011

L'orientalisme à l'épreuve de la guerre d'Algérie

Ce débat est co-organisé par la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI) et l’association Génériques et animé par Marie POINSOT, rédactrice en chef de la revue Hommes et Migrations et Naïma YAHI, historienne, chargée de recherche, association Génériques, co-commissaire de l’exposition « Générations, un siècle d’histoire culturelle des Maghrébins en France ». Les intervenants sont Christine PELTRE, historienne de l’art, professeure à l’université Marc-Bloch de Strasbourg et Christelle TARAUD, professeure à l’université de Columbia.

L’orientalisme naît avec le début de la colonisation, comment a-t-il réagi à la décolonisation ? A la guerre d’Algérie ? Un courant artistique peut-il être affecté par des évènements politiques ?


La peinture orientaliste commence avec le début de la colonisation en Algérie, en 1830. Les grands peintres sont Dauzats, Chassériau… En 1849, Adrien Dauzats peint La Place du gouvernement à Alger et en 1850, Théodore Chassériau peint la Femme maure allaitant son enfant. Mais le grand interprète en est Eugène Delacroix. Mais leur peinture reste très imprégnée de culture antique ou d’influences médiévales. Ainsi, la chasse au faucon ou la salle des croisades du musée de l’histoire de France au château de Versailles. A l’initiative de Louis-Philippe, Horace Vernet peint les grandes scènes de la conquête de l’Algérie dans le même musée. Ces images ne sont pas dévalorisantes, elles subliment l’Orient. La figure d’Abd-el-Kader apparaît comme mythique. Mais en 1930, l’Algérie a changé. Elle est plus moderne. On remarque alors un certain ras-le-bol des Dinet et des Fromentin chez les intellectuels comme le poète Sénac. En 1952, l’exposition « Algérie 1952 » de Boris Taslitzky attaque la peinture orientaliste traditionnelle. En 1982, c’est la peintre Houria Niati qui donne sa version des Femmes d’Alger dans leur appartement de Delacroix. Ces femmes sont mutilées, torturées. Aujourd’hui, on trouve quelques peintres comme Hocine Ziani qui peint des tableaux d’histoire à la manière d’Horace Vernet ou encore Leïla Sebbar.


L’image de la femme de la mauresque à la beurette. Comment l’orientalisme a structuré l’image de la femme orientale ?

Dans les images orientalistes du XIXe siècle, la femme orientale est passive, soumise et lascive. C’est un symbole incontournable de l’Orient, représentée dans le harem, le hammam. Bien souvent, les femmes représentées n’ont rien à voir avec les femmes orientales. Elles sont objectivées et sexualisées selon l’imaginaire colonial, ainsi dans les nombreuses odalisques de harem, les femmes voilées dévoilées, les femmes mauresques aux seins nus. Cette image se dégrade de manière de plus en plus évidente. Les images actuelles des femmes orientales sont en grande partie pornographiques ; Il suffit de taper « beurette » dans un moteur de recherche pour le comprendre.

Quels sont les supports qui ont le plus contribué à la transmission des images ?

Les médias de masse : les cartes postales et le cinéma. Ces images traditionnelles perdurent, dans les chansons, dans la mode ou le cinéma.

Thomas D.

mercredi 30 novembre 2011

Nostradamus Prophète de malheur ou médecin des âmes



Conférence donnée par Denis CROUZET, professeur à l’université de Paris IV Sorbonne, auteur de Nostradamus (Editions Payot, 2011)

Si le thème des Rendez-Vous de l’Histoire cette année est l’Orient, toutes les conférences n’abordent pas ce sujet. Vous ne trouverez rien de mieux que de faire un tour du côté de l’observatoire de la biographie historique pour se distraire entre deux conférences. La salle de conférence du château de Blois n’était pas pleine, la foule n’était pas pressée pour venir écouter la vie de cet étrange personnage dont on ne sait presque rien.

Né le 14 décembre 1503 à Saint-Rémy-de-Provence dans une famille juive convertie au catholicisme, Michel de Nostredame, dit Nostradamus fait des études de médecine à Montpellier et devient docteur en 1532. On sait que de 1546 à 1547, il se trouvait à Aix et à Lyon pour soigner des malades de la peste. Il se fait connaître en éditant des prophéties sous la forme de quatrains. Sa renommée arriva ainsi à la cour de France où il est reçu par Catherine de Médicis, qui lui fait rencontrer le roi Charles IX. Il reste à la cour sa vie durant, jusqu’à sa mort qui survient en 1566. Tous les ans, Nostradamus fait des pronostics pour l’année à venir, mais il serait vain de vouloir trouver du sens à ses prophéties, comme l’ont fait de nombreux charlatans par la suite. Nostradamus y montre une vision du mal qui est dans l’homme ; on y trouve « des monstres et des merveilles, des tempêtes et des sécheresses ». Il y parle une langue énigmatique qui vise à effrayer ses lecteurs pour leur montrer la nécessité de conversion à Dieu. Effrayés par un avenir terrible, ceux-ci comprenaient que face au péril de la haine bien mieux valait vivre dans l’amour du Christ. En plus d’être médecin du corps, il se veut « médecin des âmes » selon la formule de Denis CROUZET. Dans une période difficile, de déchirement religieux entre catholiques et protestants, Nostradamus, évangéliste, choisit de se situer ni dans un camp ni dans l’autre, mais au milieu, à la manière d’Erasme. Souvent comparé à Rabelais, les deux humanistes ne sont pas si éloignés l’un de l’autre. Tous les deux ont fait leurs études de médecine à Montpellier, sont évangélistes et nourris d’Erasme. Et si pour Rabelais, c’est le rire qui est le remède contre les maux de ce temps, Nostradamus prêche le retour à Dieu présent dans chacun de nous par une foi purifiée.

J’ai demandé si Nostradamus était bien compris ainsi par les gens de son époque, mais la réponse est difficile à donner, on n’a pas de témoignage et on en sait pas grand-chose. Denis CROUZET est l’auteur d’un livre sur Nostradamus.

Thomas DRUCY

mardi 29 novembre 2011

Le Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux , six ans de travaux.

Samedi , 14 heure dans le petit amphithéâtre de l’ENIVL s’ouvre le débat sur « les coulisses d’un musée d’histoire, un mois avant son ouverture : muséographie et chantier des collections. » C’est une séance en petit comité, nous sommes trois au début , un peu plus d’une dizaine à la fin pour deux intervenants : Le directeur du musée, MICHEL ROUGER et la directrice des collections, JOHANNE BERLEMONT .

Ils sont venus présenter le Musée de la grande Guerre du Pays de Meaux aujourd’hui ouvert (inauguré le 11 novembre 2011 ) mais qui était à un mois de son ouverture au moment de la conférence. Il n’y a pas eu de réel débat mais plutôt un historique du projet qui a vu le jour en 2005 , ils ont donc retracé pour nous les six années de développement du musée .Ils ont pu nous faire part de leurs choix et partis pris muséographiques. (la muséographie est l’ensemble des sciences et techniques nécessaire à la présentation et conservation des œuvres dans un musée ). Ils ont justifié un certain nombre de leurs décisions d’orientation notamment dans l’optique de créer un musée accessible, à portée éducative et surtout le désir de créer une « expérience à vivre » .

Ils nous ont résumé les différentes étapes de la création du musée né du rachat de la collection privée de Jean Pierre Verney en 2005 par l’agglomération du Pays de Meaux :

Sa collection était exceptionnelle car diversifiée et très vaste. Il avait amassé depuis les années 1960 plus de 20000 objets et 30000 documents couvrant des aspects divers de la première guerre mondiale. Il possédait par exemple des casques de soldats détournés en instruments de musiques (image qui suit) , ou encore des matraques de tranchées dans les tranchées de façon artisanale.

.

C’est en 2006 que le conseil scientifique a décidé de l’orientation du musée : il doit retracer la première guerre mondiale de 1914 à 1918 en montrant les évolutions de techniques et de mentalités entre les deux périodes et la construction de la mémoire après 1918 . En 2007 il obtiennent l’appellation musée de France, label indispensable au musée car cela lui confère un gage de sérieux. Suivent ensuite : l’inventaire informatisé de la collection ( 13000 objets numérotés, étiquetés et classés) , le chantier des collections lancé en 2008 (dépoussiérage, conditionnement et si besoin restauration des objets exposés ). Enfin un long travail de présentation , installation des collections avant l'ouverture.

Enfin ils sont revenus sur leurs efforts particuliers pour plonger le visiteur dans une ambiance particulière qui doit l’amener à « vivre » la visite.Par exemple il y a la présence d’une vitrine où le visiteur traverse une rangée de soldats qui sont à sa hauteur il se retrouve donc comme « au cœur » de l’action et l’ajout de bruitages de guerre accentue cette immersion.

Les mannequins utilisés portent des costumes d’époque complets, ils sont très réalistes, en mouvement . Ils ont aussi décidé de sacrifier quelques objets pour la manipulation ,on pourra par exemple soulever un fusil , un barda se rendre compte du poids que le soldat devait porter. Enfin la présence d’un auditorium doit leur permettre d’introduire la culture dans la musée avec par exemple des spectacles de danse contemporaine dans l’optique de mélanger les publics et animer la vie du musée.

Pour conclure le directeur du musée nous déclare que la muséographie évolue et que ce musée à la pointe sera probablement démodé dans quinze ans ans s’ils ne font rien évoluer.

Au vu de la précision et de la technicité des questions posées par le public il paraît évident que la plupart des personne qui ont assisté à ce débat connaissaient très bien le milieu muséographique. Ainsi c’est à ce moment que le débat à réellement eu lieu. Le directeur du musée et la directrice des collections ont été interrogés sur les limites de leur travail , la frontière à ne pas franchir dans cet effort d’expérience à vivre pour que ce ne soit pas « disneyland » . Ils ont rappelés avoir travaillé avec une vrai rigueur scientifique et historique en s’étend de plus entourés de spécialistes.

Le site internet du musée : http://www.museedelagrandeguerre.eu/

Pour plus de détail sur les étapes du développement du musée voir leur dossier de presse très complet et bien illustré:

http://www.museedelagrandeguerre.eu/sites/default/files/pdf/DP_4-10_-_40_PAGES_BD.pdf

Le musée a été inauguré le 11 novembre date symbolique de l’armistice de la guerre 14-18 . Le musée tablait sur 80 000 à 100 000 visiteurs par an , ils en ont accueilli 11000 à l’occasion de ce week end d’ouverture .

crédit photographique © musée de la grande guerre - pays de meaux / d. pazery (images présentée en power point aux rendez vous de l’histoire , issues ici du dossier presse )

Cicchelero Léa