vendredi 28 octobre 2011

une vie chinoise



video produite par Nathanael Colindre

Prix du roman historique coup de coeur des lecteurs de CIC ouest 2011: Terreur Grande.




Terreur Grande de Jean-Pierre Milovanoff est un roman qui pose le problème du statut du narrateur dès les premières pages en effet, celui-ci parle à la première personne et parle de son père portant le même nom que l'écrivain.





Es-ce une fiction?

Terreur Grande parle d'un période connue sous le nom de purges stalinienne. Ce livre n'est pas une histoire personnel car l'auteur n'était pas né à cette période et son père avait fuit la Russie à cette époque et n'avait plus de contact avec sa famille restée au pays. Ce livre fait suite au livre Russe blanc du même auteur, ce livre le suit mais de 15ans.


Pourquoi 15ans entre Russe blanc et Terreur Grande?

L'auteur nous dit qu'il soulignait tous les passages qui parlaient de cette période dans les livres qu'il achetait. " Lorsque je lisais ces livres je n'imaginais pas écrire ce livre." Jean-Pierre Milovanoff.

Comment faites vous le lien entre le savoir de ce corpus d'information historique et votre famille?

" Mon père ne parlait jamais de ce qu'il avait vécut. Se que je sais de notre famille, lui ne le savait pas. La rencontre avec le personnage Vasiliev a existé mais le destin de cette famille est fictif. Avec l'aide de russe provenant d'Amérique que j'ai transfomé en cousin dans le livre j'ai put faire des rattachement entre l'Histoire et l'histoire de ma famille."

Est-ce -que dans la communauté russe vous avez-eu des réactions?

"Certain russe installés en France m'ont parlé mais aucun ne connaissaient sa car aucune information de ce qui se passit en Russie ne pouvait sortir de Russie".

Nathanaël Colindre







mercredi 26 octobre 2011

Les femmes dans la peinture orientaliste : fantasme et réalité

L'odalisque de Matisse
L'odalisque de Renoir
Le bain turc de Ingres
Les pestiférés de Jaffa de Gros
Les femmes d'Alger de Delacroix
La naissance de Vénus de Botticeli

Cette conférence tenue par Philippe Rouillac, commissaire priseur, s'est ouverte sur une oeuvre de Mozart : Maria Strader. Ce qui a tout de suite plongé le public dans le thème. Puis pendant une heure le conférencier a réalisé une exquisse de nombreuses oeuvres concernant la femme et l'orient en partant de La naissance de Vénus du peintre Sandro Botticeli (1485) qui fut la première représentation du nu, jusqu'aux années cinquante avec Picasso.

La France se réapproprie La femme de l'Orient à la croisée de ces cultures. Le corps de la femme a longtemps était oublié jusqu'en 1485 avec La naissance de Vénus de Botticeli . Au XVe siècle Albert Turner peint Adam et Eve. Il montre ici la représentation du corps de la femme selon lui. Il passe de l'ancien testament à la mythologie. En 1630, Rembrandt peint La fiancée juive qui témoigne d'une certaine fascination pour l'Orient à travers sa coiffe et ses bijoux. Même la femme de Louis XIV était fascinée, ainsi on peut voir sur un des portraits Marie- Thérèse d'Espagne représentée avec des rubis, une aigrette de diamants et une attitude souverain ; ce tableau fit sensation à la cours. Par l'intérêt porté à l'Orient par les nobles et bourgeois d'Occident un commerce de ces tableaux se développe et avait lieu à Venise qui était au centre de ces deux axes ainsi il n'y avait aucun lien direct entre l'Orient et l'Occident. La fascination de l'Orient continue au travers des campagnes d'Egypte de Napoléon Bonaparte avec une présence française au Caire pendant trois ans. Ainsi des journaliste et des académiciens accompagnent Bonaparte, ce qui leur permet d'aller dans des lieux insolites et ainsi d' acquérir un certain point de vue de l'Orient. Par exemple le tableau de Gros Les pestiférés de Jaffa représente Bonaparte dans un fort, face aux pestiférés de la ville de Jaffa. À sa taille est accroché un turban qui est un signe de reconnaissance et de considération pour ce peuple. Ce châle sera repris par certains peintre comme Girodet : La jeune égyptienne. Il représente une femme avec l'utilisation du turban en coiffe. Il n'est jamais allé en Egypte ; il imagine donc (comme beaucoup) comment les égyptiennes pouvaient le porter. Ainsi le châle est noué en coiffe à l'occidental et l'on peut voir que le turban ne tiendrait pas en place si la femme bougeait. Puis au 19e siècle, Delacroix peint Les femmes d'Alger. Ce tableau est à la fois orientaliste et romantique. La présence de la servante noire qui pivote semble nous faire entrer dans le tableau. Delacroix a travaillé à partir de plusieurs esquisses : tout d'abord des intérieurs d'appartements à Oran, puis une esquisse de la femme de gauche, et enfin, un croquis des deux femmes de droite. Il vient tout juste de séjourner à Alger avec une délégation militaire ce qui lui permet de rentrer dans des lieux difficile d'accès. Ainsi on peut voir une servante noire sur la droite, trois femmes différentes prise sur l'instantané. La première enroule son narguilé, la femme du milieu est assisse comme en Afrique du Nord et la dernière lit. Ceci représente peut être un harem mais il est difficile d'imposer cette idée car il n'avait plus de harem au Maroc après 1805 et ce tableau date de 1834. En 1862, Ingres peint à 82 ans Le bain turc. Cette oeuvre présente une foule de femmes nues dans un harem. Toutes ces femmes peintes étaient déjà présentes dans ses anciens tableaux accompagnées de sa fille, ses son ex femme et sa femme actuelle ainsi que sa maitresse. Ce tableau présente des femmes rondes avec quelques déformations mais qui exaltent de nombreux fantasmes. Le contenu érotique du tableau ne provoqua pas de scandale contrairement Au déjeuner sur l'herbe de Manet en 1863 car il demeura longtemps dans des collections privées. L'Odalisque de Renoir, en 1870 représente une femme avec un corsage et un pantalon bouffant. Ce tableau montre une recherche de couleur de la part du peintre. C'est à partir de 1850 que se crée un véritable marché entre les Salons et les expositions qui permet aux financiers et bourgeois d'acquérir un de ces tableaux dans leur salon. Une autre odalisque sera peinte par Matisse en 1923, qui sera entièrement emblématique du fauvisme en représentant une femme dans un festival de couleurs. Puis Picasso qui ne voyagera qu'en France et en Espagne a une conception de la femme d'Orient bien à lui. En effet il représente une femme totalement déconstruite avec un bras, une tête. Il se réapproprie les oeuvres des autres en destructurant les corps et les espaces. Majorelle quant à lui, découvre l'Egypte au début du XX e siècle et dépeindra l'Orient dans ses plus belles couleurs. Ainsi il sera très apprécié par les femmes pour son respect car il sera un des seuls peintres à ne pas renier leur racine. Contrairement à l'art colonial où la lecture n'est pas toujours respectueuse de leur culture et où il y avait très souvent des déformations.
Ainsi il ne faut pas juger rapidement cette peinture très évolutive que l'on a pu voir grâce à ces nombreux exemples. Avec une conception du nu qui change depuis cinq siècles , ces peintures permettent aussi d'acquérir une leçon sur le regard de l'autre au travers de différentes époques.

* Marion Dupuis *

mardi 25 octobre 2011

Exposition: Une vie Chinoise





Le dessin narratif tient une place très importante dans les pays asiatiques. En effet, on a retrouvé dans un tombeau des textes de deux philosophes chinois,Confusius et Mencius. Grâce à l'invention de l'impression xylographique au VIIIe siècle et l'apparition d'une société urbaine et marchande sous les Song, les contes, romans, pièces de théâtre se multiplient.










Parmi les «ancêtres» de la bande dessinée chinoise on peu citer les «nian hua» à vocation religieuse ou décorative qui sont extrêmement courantes sous la dynastie Ming et Qing.
Durant le XIXe siècle l'impression d'images lithographiques, se développe dans les grands centres urbaines de la Chine. En même temps, se met en place une presse chinoise illustrée ou se marie la technique traditionnelle chinoise du dessin linéaire au pinceau et les perspectives plus occidentales.




Dans cette exposition, nous avons pu voir de nombreux documents concernant un bande dessinée «Sanmao» . Certains le considèrent comme une sorte de Tintin chinois. Cette BD apparaît en 1935 sous le pinceau de Zhang Leping.
Dans un mise en scène minimaliste, dénuée du moindre dialogue et agrémentée parfois d'inscriptions écrites, l'auteur pratique une bande dessiné proche de la pantomime. Après la défaite japonaise, Sanmao devient la victime d'une société matérialiste dominée par l'argent.
Très populaire, le personnage fera l'objet d'un premier long-métrage avec acteurs, en 1949.
En 2006, Sanmao est décliné sous la forme d'un jeu internet.






Nous avons aussi pu voir que la Chine ne s'embarrasse guère avec la propriété intellectuelle et pirate. En effet les personnages comme Tintin, Milou, Jo, Zette et Jocko sont redessinés et proposés en noir et blanc, sous forme de lianhuanhua. En 2001, une version intégrale de l'album «Tintin au Tibet » est publiée et rebaptisée « Tintin au Tibet chinois », à la suite du courroux de la fondation Hergé, l'erreur de traduction est rectifiée.










Les échanges entre les deux cultures (occidentale et orientale) deviennent de plus en plus concrets. Ainsi des auteurs tel que Zep, Curd Ridel, Erroc et Pica, Marjane Satrapi ou David B sont traduits en Chinois.





MJ

La Compagnie des Indes, l'Orient des Historiens.

Maquette du Soleil d'Orient, exposée temporairement au Château de Blois.


Beaucoup de monde se presse dès 11h10 pour avoir une place parmi les 49 sièges que compte la salle de Conférence du Château de Blois où sera proposée d’ici une vingtaine de minutes la conférence La Compagnie des Indes : l’Orient des historiens. Certains reviennent justement de l’exposition De Lorient à l’Orient : les Compagnies des Indes, XVII-début du XIXe siècle, d’autres parlent d’y aller dès la fin de la conférence. Mais pour le moment, carte blanche à la Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives (DMPA) et aux différents intervenants : P. Beaujard, anthropologue et directeur de recherche au CNRS, R. Estienne, conservateur général au Service Historique de la Défense, P. Haudrere de l’université d’Angers, G. Le Bouedec, professeur à l’université de Bretagne Sud et directeur du GIS histoire maritime, et enfin P. Norel, économiste à l’université de Poitiers et professeur à l’IEP de Paris.

Cette conférence propose de réorienter le rôle des Compagnies des Indes en tant qu’outil de l’expansion des puissances européennes dans une économie globale. Mais tout d’abord, un rappel : que sont les Compagnies des Indes ? C’est à Philippe Haudrere de retracer l’histoire de ces compagnies, avant tout celle d’un monopole. L'Histoire des Portugais pour commencer, qui une fois dépassé le Cap de Bonne-Espérance en 1488, implantent un commerce maritime avec des comptoirs tels que Malacca (Malaisie), jusque-là en commerce avec le monde musulman, avec pour but bien sûr le gain d’argent mais aussi l’enjeu de la Reconquista. Leur monopole prend fin dès 1578 avec la passation du pouvoir portugais à la couronne espagnole, l’échec du commerce des épices avec les Moluques et les initiatives Hollandaise et Anglaise. Ne leur reste que le Brésil. Les Hollandais reprennent ce commerce en main et créent en 1602 la première entreprise aux actions gérées par la Banque d’Amsterdam. Les six centres d’armements assurent le monopole. Ce modèle est copié par les Anglais en 1606, puis par la France, la Suède, le Danemark et la Belgique. Au moyen de navires puissants, d’un équipage professionnel (le personnel spécialisé est recruté principalement à Saint-Malo et Lorient), le commerce s’organise et les droits de sorties de marchandises sont abaissés par les puissances orientales.

Philippe Norel, quant à lui, décide de s’attarder sur l’avant Compagnie des Indes, l’ère des diasporas commerciales partagés dès le IIe Millénaire avant JC entre l’Egypte, la Mésopotamie et l’Inde, avant que ne s’ouvre la route de la soie et que les marchands vénitiens ne développent un « capitalisme » à partir de 1250. Il s’attarde notamment sur les empires chinois et mongole du 7e et 10e siècle.

Philippe Beaugard parle des « systèmes monde » qui régissent le commerce maritime, fonctionnant sur une interdépendance entre la Chine, l’Inde Orientale et une partie de l’Europe, servis par une amélioration croissante des techniques de productivité.

La conférence est conclue par René Estienne qui change l’historiographie habituelle en adoucissant quelque peu la vision « colonisateurs » des européens, avec tout ce que cela peut sous-entendre d’irrespect de de domination dans l’imaginaire collectif, et en parlant plutôt de cultures qui ont interagis et se sont enrichis l’une l’autre en prenant pour exemple le commerce de la porcelaine de Chine ou des « Indiennes » ces fins tissus de coton peints à la main, très prisés des européens mais dont l’importation est formellement interdite dès 1686 (et qui sera donc l’objet d’un marché noir jusqu’à ce qu’ouvre un atelier à Mulhouse à la fin du XVIIIe siècle).

Les Compagnies des Indes ont été l’objet de deux autres conférences menées par la DMPA, en plus de l’exposition proposée jusqu’au 20 Novembre.


Katy Perisse.

samedi 22 octobre 2011

FAIRE LA GUERRE EN ORIENT, DU MOYEN AGE A LA GRANDE GUERRE : ANTICIPATIONS, DECOUVERTES, EXPÉRIENCES

Pour étudier cette question, quatre intervenants prennent place au milieu du grand amphithéâtre de la Halle aux Grains. Chacun représente une période de l’histoire. Nicolas Offenstadt, qui organise la discussion, les présente :
Dominique Barthélémy est spécialiste d’histoire médiévale et est professeur à l’université de Paris IV
Hervé Drévillon est professeur au CRHM (Centre de Recherche en Histoire Moderne) de l’université Paris I. Il est spécialiste d’histoire culturelle du XVIIe siècle et d’histoire militaire.
Henry Laurens est professeur d’histoire contemporaine orientale. Il fait référence tout le long de la conférence à l’expédition d’Egypte menée par Napoléon. Il est professeur au Collège de France.
Enfin, Francine St Ramond est chercheure, spécialiste du front d’Orient dans l’histoire de France.




N. Offenstadt commence tout d’abord par nous interpeller sur le titre de la conférence. S’il tient à bien expliciter ce titre, c’est qu’il est ambigu : la conférence ne parle pas du savoir-faire guerrier en Orient, mais bien des français qui partent, depuis le Moyen-âge jusqu’à la première guerre mondiale, faire la guerre sur les terres orientales. La guerre est étudiée d’un point de vue sociologique. On s’intéresse donc aux soldats et à leurs ressentis lorsqu’ils découvrent des pays, des régions inconnus jusqu’alors et bien souvent fantasmées.
Le sous-titre met d’ailleurs l’accent sur ces représentations : il souligne les confrontations souvent violentes du monde d’images que se fait l’esprit de l’européen avec la réalité de l’Orient. L’Orient reste d’ailleurs un terme complexe : l’Orient à proprement parler n’existe pas, il constitue seulement l’assemblage de ces idées, un monde unique et rêvé par les occidentaux, qui est en fait extrêmement multiple et complexe.
Chaque expérience varie d’un individu à un autre. C’est pourquoi le sujet doit être étudié d’un point de vue sociologique. Il permet d’articuler le singulier et le collectif, de rassembler les différents ressentis de ces hommes et d’éliminer les clichés figés à l’universel.


Les premières interrogations permettent de poser le sujet et ses enjeux : quand les soldats partent combattre, quel Orient ont-ils en tête, comment anticipent-ils leur voyage ?

Les Croisades à l’époque médiévale, D. Barthélémy

Pour les Croisés des XIIe et XIIIe siècles, le voyage est vu comme un pèlerinage vers les lieux saints. La découverte du monde oriental n’est donc pas l’objectif premier. Sous la prédication d’Urbain II, ils vont sauver la Terre Sainte de l’oppression des chrétiens d’Orient. Leur idée, à l’heure du départ, est qu’ils vont mener une guerre juste. Tous sont prêts à y laisser leur vie. En échange, ils seront amnistiés de leurs péchés professés.
Les Croisés, à la différence des soldats des conquêtes napoléoniennes par exemple, sont des gens de la haute société. Ce sont des barons, des nobles. Partir en Croisade c’est donc également une quête de gloire et de prestige : on veut égaler les ancêtres. Les guerres de Croisade sont des guerres dures, d’une extrême violence ; on cherche aussi à impressionner l’ennemi, à diffuser une image de marque de l’homme occidental, celui qui vient de loin.
On en vient alors à la question de l’ennemi que l’on affronte. Les Croisades sont des guerres tardives, qui se prolongent jusqu’aux débuts de l’époque moderne. Les turcs y sont des adversaires omniprésents. Ils représentent la figure du Levant, un Orient proche dominé par l’Empire Ottoman. Les guerres de Croisade, c’est l’union de la chrétienté face à un ennemi commun, un ennemi cerné de mystère, intrigant, mais que l’on apprend progressivement à connaître puisqu’il reste le même pendant plusieurs siècles. L’image du turc est donc devenue progressivement la représentation de l’Orient dominante. Il représente la figure de l’altérité par excellence. Mais cette altérité n’est donc pas radicale, elle devient familière. L’altérité radicale va alors être recherchée plus loin (chez les peuples des steppes d’Asie par exemple). C’est contre ceux-là que la guerre devient impossible : les cultures sont trop différentes, les pratiques trop étrangères.


Les soldats de Napoléon et l’expédition d’Egypte, H. Laurens

Ces hommes, déjà conquérants de l’Italie, débarquent le 17 juillet 1789 en Egypte. Leur première impression est celle d’un pays hostile. Ils arrivent dans des habits trop chauds, ils manquent d’eau. Ils vont affronter en Egypte quatre ennemis différents, avec pour chacun un type d’affrontement différent.
- Les Mamelouks ont mené une guérilla contre les français.
- les Bédouins
- la population égyptienne. Cette guerre, a débouché sur la destruction de village, et des massacres
- l’armée Ottomane, qui a été encadrée par des militaires britannique, avait alors une plus grande expérience

Durant cette conquête, la vie et le moral des français sont mis à rude épreuve. L’ambiance au sein de l’armée est mauvaise et on enregistre un fort taux de suicide. Les soldats ne comprennent pas pourquoi ils se trouvent en Egypte, d’autant plus que la France est à ce moment envahie. Les sources qui ont permis de faire avancer les recherches des historiens proviennent avant tout de la correspondance militaire. Celle-ci est riche et a été très bien conservée. Les historiens ont également travaillé sur les journaux personnels que tenaient les soldats, sur leurs dessins. Ils montrent, de la part des soldats, une très grande curiosité du pays.


Les fronts d’Orient de la Grande Guerre, F. Saint-Ramond

Sur ce thème les sources sont également nombreuses. Mais elles sont rarement inédites et proviennent pour la plupart de témoignages d’officiers et de généraux.
A la fin de l’année 1914, la guerre se stabilise. La guerre de position se met en place. C’est Churchill qui, le premier, décide de créer une guerre périphérique : « pour arriver à Berlin il faut passer par Constantinople ».
Quelle représentation de l’Orient avaient les soldats ?
Ces soldats étaient en grande majorité des ruraux. Pour eux, la découverte de l’Orient commence dès le sud de la France ! Tous ces soldats sont imprégnés de stéréotypes concernant l’Orient. Mais pour les hommes de ligne c’est un monde qui reste assez flou : ils voient l’Orient comme un monde d’opulence, avec de belles cités et de belles femmes.
Pour les plus cultivés de ces voyageurs forcés, l’Orient c’est également la découverte des racines de leur civilisation. Ils attendent beaucoup de ce voyage mais ont souvent des idées toutes faites de la région qu’ils vont découvrir.





Cette conférence aura été très enrichissante. Elle a su mettre l’accent sur des concepts tels que celui de l’altérité, des fantasmes et des imaginaires liés à cette altérité, auxquels les historiens intervenants ont brillamment répondu, tout en amenant les auditeurs à s’interroger. Les guerres menées par les français en Orient sont caractérisées par une grande violence, physique bien sur, mais également intellectuelle, par la confrontation directe à l’inconnu et à l’autre, parfois peut-être même à la compréhension de celui-ci.
Le sujet entre donc en parfaite harmonie avec le thème de cette quatorzième édition de Rendez-vous de l’Histoire, en abordant au travers des guerres le rapport subtil qu’entretiennent les Occidentaux avec un Orient dédoublé : l’Orient du fantasme et l’Orient du réel.

A. Clément

mercredi 19 octobre 2011

Rencontre avec Jul & Philippe Ôtié.


Philippe Ôtié est le scénariste de la bande dessinée, Une vie Chinoise. C'est une œuvre qui a son importance car très peu de bandes dessinées illustrent la vie quotidienne des populations du monde asiatique. Philippe Ôtié nous présente brièvement la magnifique, et tragique, histoire d'un jeune chinois sous le règne de Mao Zedong jusqu'aux années 1980.

La deuxième rencontre, vivement animée par le son des binious, fait intervenir Jul. Il nous partage son point de vue sur les différentes questions soulevées lors de la conférence sur la bande dessinée asiatique. En quelques mots, il nous présente également sa nouvelle bande dessinée, La planète des sages.

Emmanuelle Dupuis et Morgane Guénard.